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Les planètes de Dina Gilbert

Les planètes de Dina  Gilbert

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Il se passe des choses étranges à l’Orchestre symphonique de Montréal. Hier soir, le jeune chef français Alain Altinoglu devait faire ses débuts dans un programme tout britannique, avec les immenses Planètes de Holst. Guillerets nous étions, mais voici qu’une très mauvaise surprise nous attendait. Sans avertissement, sauf sur la page Facebook de l’OSM-merci au collègue Christophe Huss du journal Le Devoir de nous avoir mis la puce à l’oreille, le chef avait déclaré forfait pour des raisons de santé. Si nous n’étions pas particulièrement contents, imaginez un instant le fidèle mélomane qui devait composer avec cette situation, et une chef de remplacement.


Une chance qu’il y avait Dina


Toute menue et avec beaucoup d’aplomb, c’est l’assistante-chef de Kent Nagano, Dina Gilbert qui a pris la relève de ce concert particulièrement musclé.  En ouverture, nous avons eu droit à trois pièces de «  jeunes compositeurs  » qui s’inspiraient de tableaux de maîtres d’ici. Ni bonnes ni mauvaises, les douze minutes ne passeront certainement pas à l’histoire. Du Concert pour violoncelle de Elgar, une vraie pièce de résistance, nous attendions beaucoup. À la barre, le violoncelliste allemand Jan Vogler n’avait pas trop l’air «  dans son assiette  ». L’approche était pâteuse, et tout cela manquait vraiment de souffle, malgré le travail d’accompagnement délicat de la chef d’orchestre.


Et vinrent Les planètes


Cette œuvre phare du compositeur britannique Gustav Holst(1874-1934) qui fut copieusement «  pompée  » par John Williams pour la saga Star Wars présente son lot de difficultés. Prenant cela comme un défi, nous le supposons, la chef Dina Gilbert a réussi son pari. Mettant en vedette la puissance des pupitres, dirigeant avec beaucoup d’élégance la course folle des astres, elle a presque pris à bras le corps cette fresque, même si nous sentions parfois l’aspect mécanique. Bref, elle aura sauvé la soirée et nous la félicitons !