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Demande de recours collectif contre Sears

Le commerçant afficherait régulièrement des prix absur­des sur son site web

Demande de recours collectif contre Sears

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Un client de Sears qui n’a pu acheter pour 135 $ un matelas qui valait 1600 $ demande à un juge d’autoriser un recours collectif qui pourrait coûter des millions de dollars au détaillant s’il est recon­nu coupable.

Le Montréalais Léon Berros s’est senti lésé en octobre 2015 quand Sears a décidé d’annuler sa commande de matelas. L’article était affiché en solde à 135 $ sur le site web de Sears, alors que son prix courant était de 1600 $. Selon Sears, le matelas aurait plutôt dû être affiché au prix soldé de 715,95 $.

Raison officielle de l’annulation de la vente, une semaine après l’achat: le matelas n’était plus disponible. «La vraie raison, c’est que le matelas n’était plus disponible à ce prix», prétend M. Berros.

La loi québécoise dit qu’il est interdit d’exiger «un prix supérieur à celui qui est annoncé».

L’entrepreneur de 39 ans a choisi un recours collectif plutôt que les petites créances, pour «que les autres victimes soient également dédom­magées», dit-il.

C’est la firme Simon et associés qui pilote­ra le dossier s’il est autorisé par le juge. Dans la requête déposée en octo­bre, le cabinet exige que Sears honore le prix affiché par erreur, mais aussi qu’il paie une somme à déterminer en guise de dommages punitifs pour sa faute.

Erreurs nombreuses

Le porte-parole de Sears Canada, Vincent Power, a refusé de commenter, la cause étant devant les tribunaux. Mais il assure qu’il s’agissait d’une erreur et que la compagnie est d’une «absolue intégrité» envers ses clients.

Sears Canada suscite régulièrement la colère des consommateurs.

L’entreprise a même été condamnée à deux reprises à dédommager ses clients.

En janvier 2015, un jeu pour enfants a été affiché à 12,99 $ au lieu de 129,99 $ sur son site web. Sears a refusé d’honorer son prix. Une jeune mère de Sherbrooke a envoyé l’entreprise en cour. En juillet, un juge a condamné Sears à honorer le prix affiché.

Même chose pour un barbecue payé 69,99 $ en avril 2015, mais qui valait 1119,99 $. En décembre, Sears a été condamnée à honorer le prix affiché.

En janvier dernier, une autre erreur du géant du détail a soulevé la colère de plusieurs Québécois quand l’entreprise a refusé d’honorer le prix d’un frigo qui, affiché à 99 $, valait... 9000 $.

Pas avant des années

Le recours collectif, qu’on appelle désor­mais action collective, est un processus qui peut prendre des années.

Il faut d’abord qu’un juge autorise l’action­­ collective. Celle-ci doit respecter plusieurs règles. Par exemple, toutes les victimes ne doivent être connues que du commerçant, ce qui justifie le regroupement. L’action collective doit aussi être la meilleure façon de représenter ces clients.

Par la suite, la cause peut commencer, avec un long processus incluant le témoignage de plusieurs experts.

«Le recours collectif constitue un instrument essentiel de défense des droits des consommateurs, d’accès à la justice et de démocratie, résume l’Union des consommateurs sur son site web. C’est également une arme dissuasive à l’égard des pratiques commerciales abusives, illégales ou anticoncurrentielles.»