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Des militants exigent l’identité du policier ayant tué un homme à Montréal-Nord


Stella Jetté, membre de Montréal-Noir, relate que les citoyens du quartier vivent dans un climat d’insécurité et les communautés noires sont des cibles de profilage racial.
Photo Caroline Lévesque 
Stella Jetté, membre de Montréal-Noir, relate que les citoyens du quartier vivent dans un climat d’insécurité et les communautés noires sont des cibles de profilage racial.

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Deux groupes militants de Montréal-Nord demandent que les résultats de l’enquête sur la mort d’un homme atteint par une balle de plastique lors d’une perquisition au début du mois soient rendus publics et que l’identité du policier qui a fait feu soit révélée.

Devant le poste de quartier n ̊39, un «endroit symbolique», les groupes de citoyens Montréal-Noir et Montréal-Nord Républik ont exigé que soient rendus publics les noms des policiers impliqués dans la mort de Jean-Pierre Bony en spécifiant celui du policier avec l’arme.

Aussi, un moratoire sur le Bureau d’enquête indépendante (BEI) fait partie de leurs demandes, afin de «s’assurer qu’il soit complètement impartial».

Or, le BEI, chargé d'enquêter sur les événements dans lesquels des policiers ont été impliqués, n’est pas encore mis en place à l’heure actuelle et le serait au début mai.

«L’identité du policier ne sera pas rendue publique avant la fin de l’enquête, et je ne peux pas confirmer qu’il le sera après, car ce n’est pas automatique. S’il y a des accusations à la Cour, à ce moment-là, il y aura une identité rendue publique», laisse savoir Marie-Josée Ouellet, sergente aux communications à la Sûreté du Québec, organisation chargée de l’enquête le soir même de l’événement, le 31 mars, à la demande du ministère de la Sécurité publique.

«Billet d’interpellation»

Les groupes, dont les membres sont actifs dans leur communauté, veulent qu’un «billet d'interpellation» soit remis par les policiers à la personne interpelée, afin de documenter les interventions auprès des communautés racisées.

On demande également que soit mise en place une étude publique sur le profilage racial en créant un «processus de documentation des interventions policières auprès des groupes des personnes racisées» et que soit rendu public le résultat de ces études chaque année.

Climat d’insécurité

Les deux groupes insistent sur le fait que les citoyens de Montréal-Nord vivent dans un climat d’insécurité et les communautés noires sont des cibles de profilage racial.

«Les membres de nos communautés culturelles ne sont pas protégées comme les citoyens plus privilégiés de notre île, observe Stella Jetté, qui est travailleuse sociale et membre de Montréal Noir, formé à la suite de la mort de Jean-Pierre Bony. La police va plutôt venir nous soupçonner d’un délit, essayer de nous interroger pour avoir des accusations sur nous. Ce n’est pas les policiers qui sont responsables uniquement, mais une histoire de colonisation aussi. On le sent nous, dans notre mémoire. Mais, on nous dit toujours qu’on exagère.»

«Un jeune noir a 6 a 8 fois plus de chances de se faire interpeler par la police qu’un jeune blanc, indique Will Prosper, collectif Montréal-Nord Républik. Pour beaucoup de personnes, Jean-Pierre Bony était ci ou était ça, mais ce n’est pas normal qu’il se soit fait tuer, surtout pas lorsqu’il s’enfuyait. Il ne posait aucune menace pour qui que ce soit.»

Le SPVM n’a pas voulu commenter les revendications des militants.