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Le conjoint de l’homme tué par des policiers ne comprend pas

Le sexagénaire bipolaire aurait foncé sur les agents avec un couteau avant d’être abattu

Les policiers ont été prévenus que l’homme tenait des propos suicidaires dans son logement, mais son conjoint qui était avec lui ignore qui a pu faire cet appel au 911. Il assure qu’André Benjamin était un homme doux et généreux, malgré ses problèmes de santé mentale.
Photo Agence QMI, Maxime Deland Les policiers ont été prévenus que l’homme tenait des propos suicidaires dans son logement, mais son conjoint qui était avec lui ignore qui a pu faire cet appel au 911. Il assure qu’André Benjamin était un homme doux et généreux, malgré ses problèmes de santé mentale.

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Frédérique Giguère et Hugo Duchaine, Le Journal de Montréal

Le conjoint de l’homme abattu par des policiers de Montréal, hier, ne s’expli­que pas pourquoi ils ont tiré sur un homme «si doux» et encore moins pourquoi celui-ci aurait accueilli les agents avec un couteau.

«Les policiers n’avaient pas besoin de tirer sur lui et de le tuer», dénonce en larmes Earl Gray, qui partageait sa vie avec André Benjamin depuis neuf ans.

M. Gray était couché dans la chambre du couple lorsque le drame s’est produit. «Il a peut-être eu peur, les policiers ont sonné plusieurs fois», dit-il à propos de son conjoint bipolaire.

Vers 8 h, un appel d’une personne non identifiée est entré au 911 pour signaler qu’un homme tenait des propos suicidaires dans son logement de la rue Ontario.

Les policiers ont été prévenus que l’homme tenait des propos suicidaires dans son logement, mais son conjoint qui était avec lui ignore qui a pu faire cet appel au 911. Il assure qu’André Benjamin était un homme doux et généreux, malgré ses problèmes de santé mentale.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Rapidement, les policiers se sont présentés sur les lieux et sont entrés à l’intérieur de l’immeuble. Les agents et M. Benjamin se sont retrouvés dans la cage d’escalier.

C’est à cet endroit que l’homme aurait chargé les policiers avec un couteau et qu’il aurait été abattu.

Taser utilisé

La Sûreté du Québec, à qui l’enquête a été transférée par souci de transparence, confirme qu’un pistolet Taser a aussi été utilisé, mais ne dit pas dans quelles circonstances. Une autopsie sera également pratiquée.

Pour sa part, M. Gray a entendu de son lit des coups de feu dans l’entrée de l’appartement du deuxième étage.

Les policiers ont été prévenus que l’homme tenait des propos suicidaires dans son logement, mais son conjoint qui était avec lui ignore qui a pu faire cet appel au 911. Il assure qu’André Benjamin était un homme doux et généreux, malgré ses problèmes de santé mentale.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

Il a alors traversé son appartement, puis a vu André Benjamin au sol. Des agents lui ont crié de s’éloigner.

Il reconnaît que son conjoint était «fâché» depuis mercredi à la suite d’une altercation avec des policiers. Inquiet qu’il ait manqué un rendez-vous, son psychologue avait téléphoné les agents, selon M. Gray, qui ne croit pas qu’il était suicidaire.

Un voisin immédiat, Jarrod Gawne, a été sorti du lit par la sonnerie à l’entrée de l’immeuble. Rapide­ment, il a entendu frapper à la porte de MM. Gray et Benjamin.

«Ils ont crié “ouvrez la porte” sans s’identifier et les coups de feu ont suivi quelques secon­des après», dit-il.

Le sexagénaire a été transporté dans un centre hospitalier, où son décès a été constaté.

Suicidaire

André Benjamin vivait dans ce triplex depuis 1988. Ceux qui y habitent l’ont dépeint comme un homme d’une gentillesse infinie.

La personne qui a téléphoné au 911 aurait mentionné que l’homme avait plusieurs couteaux en sa possession hier matin et qu’il avait fait une tentative de suicide il y a deux semaines en essayant de se jeter du haut d’un balcon, selon des informations obtenues par l’Agence QMI.

Les policiers ont été prévenus que l’homme tenait des propos suicidaires dans son logement, mais son conjoint qui était avec lui ignore qui a pu faire cet appel au 911. Il assure qu’André Benjamin était un homme doux et généreux, malgré ses problèmes de santé mentale.
MAXIME DELAND/AGENCE QMI

André Benjamin travaillait depuis 22 ans comme préposé aux bénéficiaires au centre Grace-Dart d’Hochelaga-Maisonneuve.

Rencontrés hier pendant leur pause de l’après-midi, ses collègues ne comprenaient pas eux non plus. Ils ont dit recevoir la nouvelle de sa mort violente comme un «coup de masse dans le front».

Collègues atterrés

Il était «en vacances» cette semaine, a confirmé le CIUSS de l’Ouest-de-l’Île, qui gère les communications de l’établissement Grace-Dart.

«Il faisait presque partie des meubles. C’était tellement un bon gars», a confié une employée. Celle-ci a préféré taire son identité pour protéger son emploi puisque la direction leur aurait demandé de ne pas s’adresser aux médias.

«Tout le monde est vraiment sous le choc, a indiqué un autre préposé. Personne n’aurait pu s’attendre à ça. C’est un réel coup de masse dans le front qu’on a eu.»

Le CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île a confirmé que les collègues de la victime, qui sont «très éprouvés», pourront recevoir un soutien psychologique s’ils le souhaitent.

Si vous avez besoin d’aide

Ligne québécoise en prévention du suicide
www.aqps.info
1-866-APPELLE (277-3553)

Jeunesse, J’écoute
www.jeunessejecoute.ca
1-800-668-6868

Tel-Jeunes
www.teljeunes.com
1-800-263-2266