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Le monstre du spaghetti volant

Le monstre du spaghetti volant
Photo courtoisie

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Vous voulez passer une bonne soirée?

Invitez des croyants chez vous et dites que vous êtes pastafariste.

Divertissement garanti ou argent remis.

« DES BALIVERNES ! »

Pour ceux qui l’ignorent, le pastafarisme est une religion (ou une parodie de religion) créée en 2005 en Oregon.

Ses membres croient (ou font semblant de croire) que le monde a été créé en quatre jours par une boule de spaghettis qui vole dans l’espace.

Isabelle Nayarana, l’employée municipale qui revendiquait le droit de porter une passoire à spaghettis sur la tête sur sa photo de permis de conduire, était pastafariste.

«Si vous permettez à certains croyants de porter une kippa ou un voile sur leur photo de permis de conduire, pourquoi n’aurais-je pas le droit de porter un foulard de pirate ou une passoire à spaghettis?» demandait-elle.

Après quelques verres, racon­tez cette histoire à vos amis croyants, vous verrez, le fun va poigner.

«Ben voyons, c’est complètement ridicule! va vous dire votre ami catholique. Cette histoire ne tient pas debout deux secondes.»

Et le fait que le monde a été créé en sept jours par une entité invisi­ble qui vit dans le ciel, ça tient debout, ça? Ça mérite d’être pris au sérieux?

«Mais ce n’est pas la même chose!»

Ah non? Comment ça?

«Mais, voyons... On ne peut pas comparer cette croyance ridicule à une religion comme la religion catholique!»

Pourquoi? La Genèse, le déluge, l’Apocalypse, le buisson ardent, l’Immaculée Conception, Sodome et Gomorrhe, la multiplication des pains, la transsubstantiation, l’archange Gabriel, les sept péchés capitaux, les dix commandements, la marche sur l’eau et la résurrection, c’est vrai, c’est fondé scientifiquement?

«Non, mais quand même, ça fait plus de 2000 ans que cette religion existe...»

Et alors? Un tissu de mensonges vieux de 2000 ans est-il plus crédible qu’un tissu de mensonges vieux de 10 ans?

Après un certain nombre d’années, un menson­ge se transforme-t-il – par miracle – en vérité?

GASPILLAGE D’ARGENT PUBLIC

Les croyants ne se rendent pas compte à quel point leurs croyances paraissent totalement ridicules et dénuées de sens à des non-croyants.

Je ne veux insulter personne, mais c’est ça.

«Mon Dieu ne me permet pas de toucher un interrup­teur pendant deux jours...»

«Mon Dieu m’oblige à me cacher les cheveux...»

«Mon Dieu m’interdit d’avaler ma salive pendant un mois...»

Pour moi qui suis non-croyant, c’est comme si vous me disiez que votre Dieu vous oblige à sauter sur une jambe de 13 h à 13 h 30 tous les mardis de juin.

Ça me paraît tout aussi insensé.

On parle beaucoup des 16 000 $ qui ont été dépensés par la SAAQ pour savoir si une passoire à spaghettis est un signe religieux ou pas.

«Ridicule!» dit-on. Un gaspillage éhonté des deniers publics.

Parfaitement d’accord.

Mais qu’en est-il des exemptions d’impôts accor­dées aux institutions religieuses? N’est-ce pas tout aussi choquant?

Et que dire des accommodements déraisonnables accordés ici et là afin de respecter les croyances des uns et des autres?

N’est-ce pas tout aussi contestable?