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À mon ami Richard Martineau

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Je sais que vous n’êtes pas parfait et qu’une de vos failles est d’être un athée intégriste. Votre chronique d’hier sur la parodie de religion connue sous le vocable de l’Église du monstre en spaghetti volant vous a plongé dans un état second.

Je vous cite Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est insignifiant.» Toute expression religieuse n’est qu’ironique à vos yeux. La bénédiction chrétienne n’est pour vous, je le suppose, qu’une façon de couper l’air en quatre, pour citer un des contes de Voltaire.

Or, le besoin de transcendance chez l’homme ne serait donc que risible à vos yeux.

Mais comment comprendre le monde en réduisant la foi à une faiblesse?

Il faut alors détruire les chefs-d’œuvre. Des cathédrales en passant par la musique sacrée, une partie de la littérature et de la peinture, toutes expressions créatrices inspirées par une foi qui transporte les montagnes.

L’Être suprême

Voltaire croyait à un Être suprême, sorte de gendarme dans le ciel, qui imposait la morale aux hommes. Les Églises créées ou non par Dieu sont à l’image des hommes. Les égarements des gens de foi (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) démontrent bien que les êtres humains sont des pécheurs habités par le mal.

Vous êtes trop intelligent, cher Richard, trop imprégné par le doute pour confondre les sectes avec les grandes religions millénaires, dépositaires de la spiritualité humaine. Dépouil­ler le discours religieux de sa symbolique, décrire la sublime liturgie catholique, par exemple, en la désacra­lisant ne mène qu’au néant.

Parlons sport. Pour le profane, le hockey apparaît comme une activité d’hommes bizarrement accoutrés qui transpirent en patinant sur la glace, poussant un morceau de caoutchouc avec un bâton pour l’envoyer dans un filet.

Votre métier de provocateur doit avoir des limites. Permettez-moi de vous dire affectueusement que, cette fois, la rondelle vous a échappé.