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Nouveau train électrique: l’Est veut faire partie du projet

CDPQ
Photo le Journal de Montréal, Christopher Nardi

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Quelques jours après l’annonce du futur train électrique, des maires, députés et intervenants du milieu souhaitent faire bonifier le projet afin qu’il desserve également le secteur est de l’île.

«On est en train de créer une coalition pour faire entendre la voix des gens de l’Est afin qu’on soit nous aussi desservi par cette offre de transports en commun», explique Robert Coutu, maire de Montréal-Est, qui organisera des rencontres dès cette semaine.

Loin d’être jaloux, M. Coutu déplore que son secteur ait été négligé par le nouveau train électrique annoncé par la Caisse de dépôt et placement du Québec, vendredi dernier, les 24 stations et 67 km desservant uniquement l’ouest de Montréal.

«On va profiter des prochaines consultations publiques pour proposer des solutions et demander une bonification du tracé», poursuit M. Coutu.

Soutien communautaire et des affaires

À peine l’idée d’une coalition lancée, plusieurs acteurs ont confirmé leur appui à cette démarche.

«Le transport en commun est un enjeu essentiel pour les employeurs d’Anjou pour recruter et conserver la main-d’œuvre», précise Sâadia Lakehal, de l’Association interindustrielle de Montréal.

À la Corporation de développement communautaire (CDC) de la Pointe, on dit suivre le dossier de près, car à cause du manque de transports «certains résidents de Rivière-des-Prairies doivent faire jusqu’à 1 h 30 d’autobus pour rejoindre le métro Honoré-Beaugrand», rappelle Jonathan Roy, le directeur adjoint.

Pour un plan global

Chez Transport 2000 Québec, François Pépin adhère aux revendications, bien qu’il considère le problème plus global.

«L’Est a besoin d’un plan d’ensemble de développement de transports, une modification du tracé ne serait pas suffisante.»

Au Parti québécois, on soutient l’initiative tout en déplorant le déséquilibre entre l’Est et l’Ouest.

«Maintenant, il faut s’entendre sur la forme des revendications, est-ce un nouveau tracé ou un engagement de calendrier sur d’autres projets, comme la ligne bleue? C’est à voir», a indiqué le député Jean-François Lisée.

Ligne bleue retardée?

Si le maire de l’arrondissement d’Anjou confirme qu’il s’impliquera dans cette mobilisation, Luis Miranda doute des résultats.

«Avec l’annonce de vendredi, on vient de reporter la ligne de bleue de 10 à 15 ans, croit-il. Le gouvernement n’a pas des milliards, s’il décide d’investir dans ce train électrique, c’est autant d’argent en moins pour la ligne bleue.»

Une position partagée par Florence Paulhiac Scherrer, de la chaire Innovations en stratégies intégrées transport-urbanisme à l’UQAM, qui confirme que les ressources publiques qui seront consacrées à ce nouveau projet pourraient gruger celles des projets en attente. «Mais ce nouveau train est bien pensé et fort stimulant, croit-elle. Il s’appuie sur des connexions avec le réseau existant comme le train de l’Est».

Rappelons que le prolongement de la ligne bleue évoqué depuis le début des années 80 n’est toujours pas à l’agenda.

La Caisse de dépôt et placement du Québec confirme qu'elle entendra les positions de chacun des partenaires lors de consultations publiques en mai avant une présentation au BAPE à la fin de l'été.