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Suicide assisté: un médecin plaide pour de meilleurs soins palliatifs

Aide à mourir
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OTTAWA |  Plutôt que de mettre le pied sur l’accélérateur pour faire adopter son projet de loi sur le suicide assisté, le gouvernement Trudeau devrait travailler à mettre en place une véritable politique nationale de soins palliatifs.

C’est du moins l’avis partagé par le Dr Paul Saba à l'occasion d'une conférence de presse à Ottawa, jeudi, même si les services de santé sont gérés par les provinces.

L'insuffisance des moyens en soins et en services sociaux au Canada place les patients vulnérables devant une impasse, a affirmé le médecin de famille, qui était accompagné de son avocate.

Devant l’absence de services appropriés, il est impossible de donner un consentement «libre et éclairé» à recevoir le suicide assisté, a soutenu Natalia Manole.

«Pour l’instant, le patient n’a pas d’autre choix. On ne lui offre pas les soins qu’il devrait recevoir, donc pour mettre fin à sa souffrance, il met fin à sa vie.»

Le gouvernement Trudeau a imposé le bâillon mercredi afin d’accélérer l’adoption de son projet de loi encadrant l’aide médicale à mourir. Ottawa a jusqu’au 6 juin pour légiférer, selon les délais fixés par la Cour suprême.

Le plus haut tribunal du pays a annulé les dispositions du Code criminel interdisant l’aide médicale à mourir dans l’arrêt Carter en février 2015.

En point de presse, le Dr Saba a soutenu que plusieurs de ses patients se sont estimés heureux de ne pas avoir choisi le suicide assisté après avoir vu leur état de santé s’améliorer.

«La médecine n’est pas une science exacte», a tranché le médecin qui s’était vigoureusement opposé à la Loi concernant les soins de fin de vie du Québec.

Il a qualifié le projet de loi libéral de «dangereux».

«On n’aurait pas besoin de l’euthanasie si on avait des soins palliatifs de qualité et accessibles à tous les Canadiens», a-t-il martelé.