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Julia Wine déclare la guerre à la SAQ

L’importateur exige le droit d’afficher les noms des cépages et des appellations sur ses bouteilles

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photo joël lemay, agence qmi Le président de Julia Wine, Alain Lord Mounir (à droite), a embauché Me Julius Grey pour défendre sa cause devant les tribunaux.

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L’entreprise Julia Wine déclare la guerre au gouvernement du Québec et la Société des alcools du Québec (SAQ) concernant sa réglementation sur l’affichage des cépages des vins d’épiceries et de dépanneurs, a appris Le Journal.

Dans une mise en demeure signifiée aujourd’hui au procureur général et ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, Julia Wine fait valoir que la réglementation en vigueur au Québec contrevient notamment à la Charte canadienne des droits et libertés.

Julia Wine réclame notamment le droit d’afficher les noms des cépages et des appellations sur ses bouteilles de vin distribuées et vendues partout au Québec, notamment dans les dépanneurs Couche-Tard et les magasins-entrepôts Costco.

Julius Grey embauché

Julia Wine vient d’ailleurs d’embaucher le réputé avocat-plaideur Julius Grey pour défendre sa cause devant les tribunaux.

«C’est injustifiable. Le gouvernement du Québec et la SAQ empêchent les consommateurs de savoir ce qu’il y a comme cépages et appellations sur les bouteilles de vin. Le public est manifestement lésé», a fait valoir au Journal l’avocat Julius Grey.

Depuis 1978, la réglementation québécoise interdit cette pratique, limitant largement les informations disponibles sur les bouteilles de vin dans les dépanneurs et les épiceries.

Selon Julia Wine, cette interdiction contrevient à la liberté d’expression, au droit du public et des consommateurs d’être informés.

«Il n’y a aucune raison au Québec pour limiter l’information commerciale concernant les caractéristiques et la qualité du produit dans le contexte de la vente d’alcool. C’est dans l’intérêt public d’avoir accès à cette information», a indiqué le grand patron de Julia Wine, Alain Lord Mounir.

60 jours pour bouger

Julia Wine ordonne ainsi au gouvernement du Québec et à la SAQ d’effectuer les changements nécessaires à sa réglementation d’ici le 7 juillet prochain.

Sans une réponse favorable du gouvernement du Québec à ses demandes, Julia Wine portera sa cause devant les tribunaux.

Julia Wine n’est pas le seul acteur de l’industrie du vin au Québec à exiger des changements profonds à la réglementation sur l’étiquetage des bouteilles de vin.

Comme l’annonçait Le Journal en février, le géant Constellation Brands (coté à la Bourse de New York) réclame lui aussi que les noms des cépages soient maintenant affichés sur les étiquettes des bouteilles de vin vendues dans les épiceries et les dépanneurs.

Constellation Brands, qui possède plusieurs usines d’embouteillage au Canada, vient d’embaucher une firme de lobbying pour faire bouger les choses.

Julia Wine

  • Année de fondation : 2008
  • Président : Alain Lord Mounir
  • Principaux clients : Costco et Couche-Tard
  • Chiffre d’affaires annuel : non dévoilé

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