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La cité maya est à 40 km de marche

S’il veut confirmer sa découverte, l’Indiana Jones québécois doit traverser la jungle avec des veuves noires

William Gadoury
Photo Le Journal de Montréal, Martin Chevalier Le rêve de William Gadoury est de se rendre à la cité perdue. Mais il s’agira d’une expédition périlleuse et très coûteuse.

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SAINT-JEAN-DE-MATHA | S’il souhaite un jour visiter la cité maya qu’il croit avoir découverte, un ado de 15 ans devra marcher 40 kilomètres dans la jungle à travers l’habitat de plusieurs animaux dangereux.

Le Journal révélait samedi que William Gadoury aurait découvert une nouvelle cité maya dans la jungle du Yucatan au Mexique. Le jeune homme a étonné le monde grâce à sa théorie selon laquelle les Mayas choisissaient l’emplacement de leurs cités en se basant sur la forme des constellations.

Des experts de l’Agence spatiale canadienne et un chercheur de l’Université du Nouveau-Brunswick ont confirmé avoir aperçu des structures qui s’apparentent à une pyramide et des bâtiments grâce à des images satellites à l’endroit exact où l’adolescent a dit qu’il devrait y avoir une cité, selon sa théorie.

Personne ne s’y est encore rendu et l’adolescent rêve de pouvoir réunir une équipe d’experts pour le faire. «Ce serait l’aboutissement de mon projet», lance William Gadoury.

Expédition

La municipalité la plus proche de La Bouche de feu, nom donné à la cité hypothétique, est Calakmul, une ville touristique où l’on retrouve plusieurs vestiges mayas.

À partir de cette ville, l’équipe de quelques personnes formées par William Gadoury devra franchir 40 kilomètres à pied dans la jungle. Selon l’archéologue et spécialiste de la région, Victor Pimentel, il n’y a pas de sentiers dans ce territoire.

«On est en plein milieu de la forêt tropicale, une forêt d’une grande diversité et difficile d’accès.»

En raison des nombreux obstacles, ça pourrait prendre quelques jours de marches pour arriver sur les lieux.

Le défi sera d’être attentif aux quelques animaux dangereux de l’endroit, comme l’araignée veuve noire ou les insectes piqueurs porteurs de maladies infectieuses.

Autorisation

La Bouche de feu est située dans un territoire protégé, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il faudra donc plusieurs autorisations avant de pouvoir s’y rendre.

Si les moyens le permettent, car tout est question d’argent, un repérage par la voie des airs est souhaitable afin de choisir des directions plus accessibles et peut-être même confirmer le site.

Une expédition à la cité perdue pourrait coûter entre 40 000 $ et 75 000 $. Si l’on veut établir un camp de recherches sur le site pour quelques jours, ce montant pourrait facilement atteindre plus de 100 000 $.

Sa découverte secoue le monde scientifique

SAINT-JEAN-DE-MATHA | Les recherches de William Gadoury sur les Mayas intriguent de nombreux experts de cette civilisation disparue.

Plusieurs chercheurs sur les Mayas préfèrent attendre une éventuelle publication scientifique avant de se prononcer sur la valeur de sa découverte.

Cependant, ceux qui ont eu accès aux travaux du jeune homme de 15 ans reconnaissent la démarche et admettent que sa théorie tient la route.

Jalousie

Pour l’archéologue Victor Pimentel, il ne faut cependant pas attendre la publication d’un article scientifique pour vérifier une théorie. «Oui, il y a de la jalousie dans notre métier, mais sa démarche donne matière à réflexion, je crois qu’il faut admirer, comprendre et encourager un jeune de cet âge plutôt que d’être jaloux», affirme-t-il.

Vérification

L’expert des Mayas à l’Université de la Sorbonne à Paris, Éric Taladoire, demeure très sceptique sur la découverte puisqu’il dit travailler avec des collègues dans cette zone depuis plusieurs années. «La nouvelle m’a amusé et après tout elle repose peut-être sur un fond de vérité. La méthode doit faire l’objet d’une vérification au sol, mais l’hypothèse mérite d’être vérifiée», a écrit Éric Taladoire.

«Sa comparaison paraît rigoureuse. Il a vérifié les cités existantes, prouvé sa méthode et proposé une nouvelle cité en se basant sur sa seule théorie. Il s’agit d’une approche tout à fait scientifique», a pour sa part indiqué Alfonso Rivera, hydrogéologue de Ressources naturelles Canada.