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Le Québec est-il raciste?

POY-SÉBASTIEN ST-JEAN
Photo d'archives Une nouvelle campagne de dénigrement du Québec a été lancée ces derniers jours. Selon cette campagne, notre société serait dominée par du «racisme systémique».

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Une nouvelle campagne de dénigrement du Québec a été lancée ces derniers jours.

Des universitaires influents, des représentants de la gauche radicale et des «militants antiracistes» dénoncent le «racisme systémique» qui dominerait notre société.

Dans La Presse du 7 mai, ils ont signé une pétition demandant au gouvernement Couillard de lancer une commission d’enquête sur le sujet.

Qu’est-ce que c’est que ça, le «racisme systémique»? Le terme est pompeux. Il a pour fonction de donner une allure scientifique à une accusation grave: les structures mêmes de notre société seraient racistes.

En gros, même sans le vouloir, la majorité «blanche» écraserait les minorités «racisées». Ces dernières seraient exclues de la vie commune et persécutées.

Le racisme inavoué de la société québécoise expliquerait bien des problèmes.

Victimisation

Telle communauté culturelle a des difficultés à s’intégrer pleinement au marché du travail? C’est la faute à la discrimination!

Telle communauté voit certains de ses jeunes happés par la criminalité? C’est à cause du harcèlement policier!

Systématiquement, les minorités ethnoculturelles sont victimisées.

Résumons.

La police est raciste.

La prison est raciste.

L’administration publique est raciste.

Les médias seraient racistes.

L’Assemblée nationale serait raciste.

Le Conseil municipal serait raciste.

Tout le monde est raciste sauf ceux qui dénoncent le racisme en pétitionnant contre lui.

On aura compris la logique des pétitionnaires antiracistes: soit vous êtes d’accord avec notre diagnostic, soit vous êtes un collaborateur d’un ordre odieux. Vous méritez alors les pires injures.

Il s’agit d’une forme d’intimidation médiatique visant la censure des contradicteurs en leur interdisant de penser autrement.

Trop de blancs ?

On entend souvent, par exemple, que la fonction publique serait trop blanche. Ou alors, que les médias seraient trop blancs.

Est-ce qu’on peut savoir ce que ça veut dire? Qu’il faut virer des gens pour qu’il y ait moins de blancs? Si oui, lesquels? Peut-on faire une liste?

Ou encore, qu’il faut embaucher des gens à condition qu’ils ne soient pas blancs? Dans ce cas, est-ce que le fait de ne pas être blanc devient une qualité intrinsèque devant pousser à l’embauche?

Mais si on vire des blancs à cause de la couleur de leur peau, n’est-ce pas du racisme?

Et si on embauche des gens seulement parce qu’ils ne sont pas blancs, n’est-ce pas aussi du racisme?

Étrange paradoxe: nos pseudo-antiracistes nous invitent à tout penser en termes raciaux alors que c’est l’honneur de notre société de ne pas le faire. L’antiracisme militant est une arnaque intellectuelle.

Comment ne pas voir là une autre manifestation de ce qu’on appellera la haine de soi des Occidentaux?

Nous aimons nous accuser de tous les torts de la planète. On croit alors faire preuve de grandeur d’âme.

Il y a quelque chose de satisfaisant moralement à accuser sa société.

On la regarde de haut, on la condamne. Doux sentiment de supériorité!

À ceux qui nous accusent grossièrement de tout, on devrait répondre sans gêne: non coupables!