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L’entraînement sera intense avant de partir en orbite

Un astronaute québécois passera six mois à la Station spatiale internationale

Les deux prochaines années, David Saint-Jacques passera beaucoup d’heures dans ce simulateur de fusée Soyouz, en Russie.
photo courtoisie, agence spatiale canadienne Les deux prochaines années, David Saint-Jacques passera beaucoup d’heures dans ce simulateur de fusée Soyouz, en Russie.

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Fini le ski alpin et bonjour les cours de russe pour l’astronaute québécois David Saint-Jacques, qui devra suivre un entraînement intensif avant de partir dans l’espace en 2018.

«Avant de vivre ce qui l’attend en haut, encore beaucoup de travail l’attend en bas», prévient Benoît Laplante, spécialiste en mission spatiale.

N’empêche, pour le principal inté­ressé, la chance de devenir le neuvième Canadien à se rendre dans l’espace en novembre 2018 est un «privilège».

«C’est aussi une énorme responsa­bilité. Je vais essayer de faire de mon mieux», a-t-il déclaré lundi, au cours de l’annonce au Musée de l’aviation et de l’espace à Ottawa.

Âgé de 46 ans, David Saint-Jacques, qui est né à Québec, suit ainsi les traces des astronautes québécois Marc Garneau et Julie Payette.

À bord d’une fusée russe Soyouz, il quittera la Terre pour six mois d’expériences scientifiques et technologiques à la Station spatiale internationale. Il aura notamment l’occasion de manier le Canadarm, le bras spatial canadien.

Mais puisque les muscles du corps s’atrophient en apesanteur, l’astronaute devra être au sommet de sa forme avant de partir.

Benoît Laplante, Spécialiste en mission spatiale
photo courtoisie, agence spatiale canadienne
Benoît Laplante, Spécialiste en mission spatiale

Retour à l’école

Il devra aussi apprendre à parler le russe couramment, puisqu’il partira d’une de leurs fusées, qu’il devra aussi apprendre à manœuvrer.

«Il aura des cours, énormément d’étude et beaucoup d’examens, mais ça m’étonnerait qu’il échoue», poursuit Benoît­­ Laplante, qui connaît bien ce qui attend l’astronaute spécialisé en méde­cine, en génie et en astrophysique.

En effet, il a suivi au jour le jour le rigoureux­­ entraînement de son ami Chris Hadfield, le dernier Canadien à être parti vivre en orbite en 2012.

Pour prendre part à la mission Expedition 58/59, David Saint-Jacques sera notamment formé en Russie, au Japon, aux États-Unis et au Canada.

Il devra aussi éviter toute activité où il y a un risque de blessures avant le grand départ­­. Ce sera un sacrifice pour ce père de deux enfants, amateur de ski et d’alpinisme, notamment.

Comme à Noël

Malgré tout, c’est peu cher payé, souligne M. Laplante, pour vivre le rêve de milliers d’enfants québécois.

«C’est comme le père Noël qui arrive pour lui», lance-t-il.

«Il s’entraîne pour ce moment depuis plusieurs années, alors qu’il n’avait aucune garantie de pouvoir prendre part à un tel voyage un jour», poursuit l’expert.

Les voyages à bord de la Station spatiale internationale sont attribués en fonction de l’argent investi par les pays. Comme le Canada est celui qui y alloue le plus petit budget parmi les pays participants, sa présence y est moins fréquente.

La station fait le tour de la Terre 16 fois par jour à environ 370 km d’altitude à une vitesse de 28 000 km/h.

– Avec la collaboration de l’Agence QMI

Qui est David Saint-Jacques?

  • Né le 6 janvier 1970
  • Marié et père de deux enfants
  • Baccalauréat en génie physique de l’École polytechnique de Montréal (1993)
  • Doctorat en astrophysique de l’Université de Cambridge, au Royaume-Uni (1998).
  • Diplôme en médecine de l’Université Laval (2005)
  • Il a notamment été médecin à Puvirnituq, dans le Nunavik.
  • Il a été recruté en mai 2009 par l’Agence spatiale canadienne
  • Il parle français et anglais, et il a une connaissance du russe, de l’espagnol et du japonais