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Les deux policiers investisseurs intéressent les enquêtes internes

Leur empire immobilier de 25 M$ leur a causé des problèmes fiscaux et légaux

C’est dans l’escalier de cet immeuble de la rue Lebrun dans l’est de Montréal qu’une fillette est morte tragiquement.
Photo pierre-paul poulin C’est dans l’escalier de cet immeuble de la rue Lebrun dans l’est de Montréal qu’une fillette est morte tragiquement.

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Félix Séguin et Andrew McIntosh, Bureau d’enquête

La police de Montréal a demandé à son service des affaires internes de faire «des vérifications» relativement à l’empire immobilier de 25 millions $ bâti et exploité par deux de ses policiers.

«On est en train de faire des vérifications avec ma division des affaires internes et on va continuer, car vous nous avez apporté des éléments nouveaux qu'on n’avait pas au départ», a déclaré le chef du service de police, Philippe Pichet, mercredi matin alors qu’il participait à une conférence de presse aux côtés du maire Denis Coderre.

«Et ce que je comprends, a-t-il ajouté, c'est que les informations ne rentrent pas par le service de police maintenant, mais par les médias, alors on va les prendre lorsque vous les transmettez. »

Apparence de conflit d’intérêts

Notre Bureau d’enquête révélait effectivement la veille que le commandant Jean Mustaky et le sergent-détective Félix Bellevue possédaient, personnellement ou par le biais d’entreprises, une soixantaine d’immeubles dans la grande région de Montréal pour un total de quelque 165 logements.

La gestion de ce véritable parc immobilier crée des situations d’apparence de conflit d’intérêts, selon plusieurs de leurs collègues au SPVM.

Chute dans l’escalier

D’autant plus que les deux policiers, qui se retrouvent régulièrement devant la Régie du logement, ont eu des problèmes fiscaux, financiers et même légaux.

En effet, Félix Bellevue et l’un de ses collègues de l’époque, Harry Saint-Surin ont été pointés du doigt pour la mort tragique d’une fillette de 5 ans dans l’escalier extérieur d’un de leurs immeubles.

Le 1er janvier 2001, la petite Djamila Aïni-Veilleux et sa sœur s’amusaient à l’extérieur de leur immeuble à logement de la rue Lebrun dans l’est de la métropole. L’enfant de 5 ans a chuté dans l’escalier situé derrière l’immeuble et sa tête est restée accrochée entre deux barreaux en métal.

Les parents de la petite fille ont intenté une poursuite de 312 500 $ contre le policier Félix Bellevue à la Cour supérieure du Québec. Donna Veilleux, la mère de Djamila, a prétendu dans les documents judiciaires que l’accident est le résultat de la balustrade défectueuse de l’escalier créé par un vice d’entretien.

«Les défendeurs savaient qu’il y avait des enfants dans l’immeuble et que l’installation cachait un danger», affirme la poursuite déposée un peu plus de trois mois après la mort de la fillette.

«Ils sont policiers de profession et auraient dû savoir que l’escalier était dangereux et ne respectait pas les normes de construction», peut-on y lire.

En 2001, la famille de la jeune victime a accepté de régler hors cour avec les policiers, signant une entente à l’amiable afin de laisser tomber les procédures, selon nos informations.