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Des solutions à l’intimidation

Des solutions à l’intimidation
Photo Journal de Montréal, Pierre-Paul Poulin

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Injures, rumeurs, menaces, coups. L’intimidation peut prendre différentes formes. Mais comment agir quand on croit que notre enfant en est victime? Jasmin Roy offre quelques pistes.

«C’est important d’en parler. Il faut aller voir l’école et ne pas avoir peur de dénoncer des situations d’intimidation», insiste Jasmin Roy.

L’important serait d’abord et avant tout de parvenir à bien identifier l’intimidation; par définition, il doit s’agir d’un geste délibéré et ­répété.

«S’il s’agit d’un événement isolé, ce n’est pas de l’intimidation. C’est normal de vivre des conflits, d’avoir des désaccords. Ça n’en fait pas de l’intimidation», souligne-t-il.

Si les mesures prises par l’école pour remédier à la situation ne semblent pas adéquates, les parents peuvent alors se tourner vers la commission scolaire. En vertu de la Loi sur l’instruction publique, chaque commission scolaire désigne une personne impartiale et indépendante chargée d’étudier les plaintes.

« Beaucoup plus pris au sérieux »

Six années après la mise sur pied de la Fondation Jasmin Roy, le ­comédien remarque que les cas ­d’intimidation sont «beaucoup plus pris au sérieux» dans les écoles.

Mais la guerre est loin d’être ­gagnée.

Ainsi, à l’automne prochain, la fondation entamera une initiative de trois années au cours desquelles des formations seront données à différents employés des écoles du Québec.

«Selon les études, 80 % des professeurs ne sont pas adéquatement outillés pour agir face aux situations d’intimidation. Il faut changer ça», explique-t-il.

Bientôt publié en France

Et le problème s’étend bien au-delà de nos frontières. Jasmin Roy a récemment été approché pour que son premier livre, Osti de fif!, soit publié en France sous le titre Sale pédé. Cet ouvrage, dans lequel l’auteur lève le voile sur les actes d’homophobie dont il a été victime à l’adolescence, arrivera sur les ­tablettes des libraires français à l’automne.

Si Sale pédé reçoit un accueil favorable chez nos cousins français, son plus récent bouquin, #Bitch: Les filles et la violence, pourrait également se retrouver sur les tablettes des libraires prochainement. Il y explore le visage caché de la violence chez les filles.

Séquelles permanentes

Depuis 2010, Jasmin Roy et sa fondation luttent contre l’intimidation en milieu scolaire, un véritable fléau aux lourdes conséquences qui «coûte très cher à la société», plaide-t-il.

«L’intimidation peut créer des troubles de santé mentale. Elle mène aussi au décrochage dans plusieurs des cas. Et ceux qui décrochent, ce ne sont pas des jeunes qui auraient abandonné leurs études dans une situation normale; ils quittent l’école parce qu’ils ne s’y sentent pas en sécurité», explique-t-il.

L’intimidation soutenue et répétée peut donc laisser des séquelles ­permanentes. Et elles peuvent ­mettre des années à se manifester. En ce qui concerne le comédien, ce n’est que 10 ans après avoir quitté les bancs d’école qu’il a vu les premiers ­symptômes se manifester, sous forme de crises d’anxiété.

Plus de quatre années auront été nécessaires avant qu’il n’arrive à prendre le dessus, à «apprendre à ­vivre» avec son anxiété. Encore ­aujourd’hui, Jasmin Roy en garde des stigmates. «On s’en remet, mais on reste des gens vulnérables», explique-t-il.

 

L’intimidation en chiffres

 

♦ Le Canada occupe le ­neuvième rang en ce qui a trait à l’intimidation chez les jeunes de 13 ans (sur une échelle évaluant 35 pays).

♦ Au Canada, 30 % des femmes et 38 % des hommes déclarent avoir été victimes d’intimidation à l’école, occasionnellement ou fréquemment.

♦ 47 % des parents ­canadiens affirment qu’un de leurs enfants a été victime d’intimidation.

♦ Il y a trois fois plus de ­discrimination chez les élèves qui s’identifient comme membres de la communauté LGBT (lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre).

Source: Fondation Jasmin Roy