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Un garçon ukrainien de 12 ans triple amputé soigné à Montréal

Le garçon a perdu ses jambes et son bras à cause d’une grenade

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À 12 ans, la vie de Mykola Nyzhnykovsky a littéralement explosé le 24 août 2015, après la détonation d’une grenade que ses copains et lui avaient prise comme jouet, près de la maison familiale.

Le garçon ukrainien a perdu ses deux jambes et son bras droit, et son petit frère de 4 ans est décédé sur le coup. Depuis décembre dernier, Mykola est pris en charge gratuitement par la Fondation et l’Hôpital Shriners du Canada, à Montréal. Grâce à ses nouvelles prothèses depuis janvier dernier, il réapprend à vivre, et réussit même à marcher seul depuis trois semaines. Le Journal l’a rencontré.

Traumatisé par le drame

Encore traumatisé, Mykola parle peu de la tragédie, et fait non de la tête lorsqu’il est questionné. «On essaie de vivre dans le moment présent. Même si on voulait trouver un coupable, ça ne changerait rien. On doit regarder l’avenir», dit en ukrainien sa mère, Alla Nyzhnykovsky. À Montréal depuis décembre 2015, avec un visa «de santé» d’un an, ils devront ensuite revenir tous les ans pour l’ajustement des prothèses. «Je veux habiter ici, mais j’ai hâte de retourner voir ma famille et mes amis», avoue le garçon, qui a des cicatrices sur le visage à cause de l’explosion. Sa mère appréhende le retour en Ukraine. «J’ai peur que les autres rient de lui. Il y aura une grosse réadaptation.»

Avant l’accident

Photo courtoisie

Mykola était un grand sportif avant son accident. La zone de sa ville natale dans l’est de l’Ukraine est militarisée en raison du conflit avec la Russie. Aussi, le peuple est peu éduqué à reconnaître les grenades. «Il y a des dangers partout, c’est difficile de ne pas sortir de la maison. Mais quand j’ai entendu l’explosion, je savais que c’étaient les garçons», confie en pleurant sa mère.

Opérations

Photo courtoisie, Adriana Luhovy

Après l’explosion, Mykola a été transporté dans un hôpital militaire. «Il avait perdu beaucoup de sang, on ne savait pas s’il allait survivre», évoque sa mère. Sur la photo, les médecins de la Fondation Canada-Ukraine préparent l’enfant pour sa chirurgie, à Kyiv, en octobre 2015. À son arrivée à Montréal, début décembre, Mykola a dû être réopéré. «Il restait des morceaux de métal de la grenade dans un moignon de jambe, il fallait les enlever pour la prothèse. Mais il s’améliore de jour en jour», dit le chirurgien, le Dr Reggie Hamdy.

Rééducation

Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

«Je tripe vraiment sur ce petit gars-là, avoue Stephanie Gould, physiothérapeute. Il est vraiment dur avec lui-même et orgueilleux. Il commence à s’adapter, mais il aurait voulu que ça aille plus vite.» Durant ses exercices dans les escaliers, Mykola a refusé de revenir en ascenseur.

Prothèses

Photo Le Journal de Montréal, Chantal Poirier

Le garçon a reçu ses prothèses pour les jambes et la main en décembre et janvier derniers, et fait deux heures de physiothérapie par jour. Il est aussi suivi en ergothérapie deux heures par semaine pour la motricité fine. Il devra apprendre à compenser l’absence de ses membres amputés, mais les spécialistes croient que son jeune âge l’aidera à mieux s’adapter. Avec lui sur la photo, sa mère.