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La mode... à tout prix?

Isabelle Laflèche
Photo courtoisie, Martin Doyon Isabelle Laflèche

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Après avoir parlé du statut des femmes dans les grands cabinets d’avocats new-yorkais dans J’adore New York et de la contrefaçon dans J’adore Paris, l’avocate Isabelle Laflèche aborde la question de la mode équitable dans un nouveau roman plein de surprises et de rebondissements, J’adore Rome.

Ce troisième roman, né d’une nouvelle, se déroule principalement en Italie et fait voyager au pays des grandes marques comme Prada, Armani et Dolce & Gabbana. Mais l’enquête de Catherine Lambert lève aussi le voile sur un côté douteux de l’industrie très lucrative du vêtement.

«J’adore Rome, c’est d’abord un clin d’œil à la mode italienne, à l’univers italien, à la nourriture et tout. Je pense que c’est un univers qui me parle beaucoup. On connaît tous les grands designers italiens, et ils font de belles choses», explique Isabelle Laflèche en entrevue.

Son roman va plus loin que la mode, les marques et les apparences. «Dans chacun de mes romans, j’essaie d’apporter un élément de conscience sociale. Dans le premier, c’était comment les femmes sont traitées dans le milieu des affaires, et plus particulièrement les cabinets d’avocats. Dans le deuxième, je parle de la contrefaçon, qui est un fléau de société.

Des conséquences

Dans ce troisième roman, elle aborde les conséquences de ce qu’on appelle en anglais le «fast fashion» — la mode à petit prix. «C’est ce qu’on voit de plus en plus dans les magasins un peu partout et dans les grandes chaînes. Ce qui m’avait chicoté, c’est d’avoir su que le milieu de la mode est un des seuls milieux où les prix continuent à baisser.»

Il y a des conséquences à cela, précise-t-elle. «Quand tu t’achètes une robe à 5 $, évidemment, la personne qui l’a fabriquée n’a certainement pas touché un gros montant. Et je l’ai réalisé par rapport à mes achats. Quand tu t’achètes une paire de pantalons vraiment pas chers ou une robe à petit prix — en bas de 10 $ —, elle reste souvent dans le garde-robe. Pourquoi? Parce qu’elle est mal faite, parce que le tissu n’est pas de qualité, le jupon pend, il y a des coutures toutes croches. Moi-même, qui étais une consommatrice de ce genre de vêtements, j’ai arrêté parce que je ne me sentais pas bien à porter ça.»

Grand pollueur

En faisant de la recherche pour son livre, elle a découvert que l’univers du textile et du vêtement était le deuxième pollueur en importance dans le monde, après le pétrole. «On enfouit énormément de vêtements qui ne sont pas recyclables, on les envoie dans les magasins de seconde main qui sont complètement débordés, et ça laisse une trace environnementale.»

Elle s’est questionnée sur les conséquences sur notre économie locale. «Combien de magasins québécois ou canadiens ont fermé leurs portes au cours des dernières années? C’est assez choquant. Je pense qu’il faut se poser des questions sur nos habitudes de consommation. On ferait mieux d’en acheter moins, de meilleure qualité et d’encourager les artistes locaux plutôt que de remplir un garde-robe de trucs faits tout croches. Il faut se poser des questions.»

Dans son livre, évidemment, il y a du luxe et du clinquant, et l’élément de rêve est bien présent. «Les gens veulent s’évader de leur quotidien, ils veulent voyager, ils voient les belles boutiques, les beaux restaurants, les scènes dans les défilés de mode. Il y a un élément de rêve; c’est important, mais j’aime conscientiser les gens sur les enjeux qui se passent dans le milieu.»


» Isabelle Laflèche a travaillé pendant 10 ans comme avocate à Montréal, Toronto et New York avant de se lancer dans l’écriture.


» Son premier roman, J’adore New York, est traduit dans plusieurs pays.

 

EXTRAIT

Isabelle Laflèche <br />
J’adore Rome <br />
Éditions Québec Amérique <br />
448 pages
Photo courtoisie
Isabelle Laflèche
J’adore Rome
Éditions Québec Amérique
448 pages

«Après une course épique en taxi durant laquelle Rikash s’est engagé dans une discussion animée avec notre chauffeur à propos du trajet et du prix, nous arrivons à notre hôtel. Dès que nous posons les pieds dans le hall spectaculaire, je suis stupéfaite. D’abord un palazzo au XIXe siècle, puis una discoteca, cet édifice du quartier centro storico s’est réincarné en hôtel tendance. Le hall majestueux est tout en marbre et accentué de détails décadents, comme une balançoire en velours rouge suspendue à un imposant lustre de cristal, et des fauteuils parés de plumes noires. Un croisement des styles de Philippe Starck et de l’Empire romain.»

— Isabelle Laflèche, J’adore Rome