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La SQ affiche ses couleurs

Un nouveau look en noir et en vert olive pour les 5600 policiers provinciaux

La SQ affiche ses couleurs
photo courtoisie

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La Sûreté du Québec range ses chemises beiges et ses pantalons olive au placard. Dès l’an prochain, ses policiers porteront de nouveaux uniformes où le noir s’agencera au vert qui les caractérise depuis 60 ans.

Son directeur général, Martin Prud’homme, en a fait l’annonce à ses 325 officiers hier, à l’École nationale de police du Québec. Il a dévoilé les futures couleurs de la SQ en primeur au Journal.

En entrevue, il a rappelé que le nouveau pantalon noir («blue black») rappelle la couleur des premiers uniformes de l’ancienne «Sûreté provinciale».

«Formule gagnante»

«Je pense qu’on a trouvé un bon “match” de couleurs qui évoque l’historique de la Sûreté du Québec. Je suis convaincu que c’est une formule gagnante et que ce sera bien reçu», a-t-il déclaré.

Contrairement à des informations qui ont circulé la semaine dernière, la SQ n’abandonne pas sa couleur emblématique.

«On tenait à garder le fameux vert olive. Ça demeurera la couleur de nos tuniques [vestons] et de nos manteaux. Et ce sera la nouvelle couleur des chemises de tous nos membres. Les officiers et membres de l’état-major créeront un précédent au Canada en laissant tomber leurs chemises blanches. Ça montre qu’il n’y a pas de sous-groupes chez nous», a expliqué M. Prud’homme.

La SQ affiche ses couleurs
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«On va faire fureur»

Il a ajouté que la SQ aurait trop évoqué «l’image des forces armées» en conservant le pantalon vert, en ajoutant candidement que ses patrouilleurs «n’aimaient pas» leurs chemises actuelles, de couleur sable.

Le vert fera aussi place au noir sur les casquettes, képis et vestes pare-balles.

«On va faire fureur avec nos nouvelles vestes pare-balles, qui ont été redessinées et améliorées sur le plan technique», a plaidé le DG en fonction depuis l’automne 2014.

À coût nul, selon le chef

L’inscription «POLICE» a également été ajoutée sur le logo de la SQ pour éviter certains malaises vécus par ses représentants.

«Une dame m’a déjà demandé pour quelle compagnie aérienne j’étais pilote, a-t-il relaté en riant. On n’avait pas d’insigne identifié avec le mot police sur notre épaule. Dans les congrès de policiers aux États-Unis et en Europe, des gens nous demandaient même si on représentait une organisation policière.»

Martin Prud’homme, qui vient d’administrer des compressions budgétaires de 30 millions $ à la SQ, assure que les nouvelles tenues vestimentaires de ses troupes «vont s’autofinancer».

«On va réduire notre inventaire. On tombe à une seule couleur de chemise et on passe de trois sortes de manteaux à un seul. Nos manteaux d’hiver étaient trop gros, trop chauds. Les nouveaux manteaux seront du “trois en un”.»

♦ La SQ dépense quatre millions $ par an en vêtements, dont six pantalons, cinq chemises à manches longues et cinq à manches courtes pour chaque policier.

La SQ fait peau neuve

  • Chemise: Vert olive pour tous, au lieu du sable pour les patrouilleurs et du blanc pour les officiers et cadres.
  • Pantalon: Noir («blue black») au lieu du vert
  • Manteau: Toujours vert olive, mais pour un seul modèle «trois en un», au lieu de trois sortes en fonction de la saison
  • Veston: Toujours vert olive, mais les grades seront dorés plutôt que jaune
  • Képi et casquette: Noir au lieu du vert
  • Logo: Sur fond noir au lieu de beige et avec l’inscription POLICE ajoutée au bas de l’écusson

Hells Angels, terrorisme et budget minceur

Le patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, vêtu de la future chemise vert olive ornée d’un emblème revampé, que tous ses policiers porteront en 2017.
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Le patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, vêtu de la future chemise vert olive ornée d’un emblème revampé, que tous ses policiers porteront en 2017.

Ex-enquêteur à la lutte au crime organisé, Martin Prud’homme a fait un détour dans les hautes sphères gouvernementales comme sous-ministre à la Sécurité publique avant d’être nommé à la tête de la Sûreté du Québec. En selle depuis un an et demi, voici ce qu’il avait à dire au sujet de plusieurs enjeux policiers d’actualité. 

Pas d’autre SharQc

La SQ ne mènera «probablement plus jamais» de mégaprojet d’enquête comme l’opération SharQc, qui a mené à la mise en accusation de 156 membres et associés des Hells Angels en 2009. Selon Martin Prud’homme, son organisation «doit s’adapter» à certains ratés judiciaires dans cette affaire, comme l’arrêt des procédures dont 36 des accusés ont bénéficié. «Il faut absolument s’assurer que le système judiciaire est capable d’absorber le résultat de nos enquêtes, a-t-il déclaré. J’ai donné des directives claires en ce sens: réduire la durée des enquêtes, limiter notre preuve aux éléments les plus directs possible, mais continuer à viser les têtes dirigeantes des groupes criminalisés. L’exemple parfait, ce sont les projets (Mastiff et Magot) qui ont permis l’arrestation de hauts dirigeants des motards, de la mafia et des gangs de rue, en novembre.» Malgré tout, il se dit satisfait puisque, avec SharQc, «on a réussi à faire quelque chose qui ne s’est jamais vu ailleurs au Canada».

Partenariats à la mode

Martin Prud’homme était «de la première mouture de l’escouade Carcajou», créée en pleine guerre des motards il y a presque 20 ans. Ce qui le frappe le plus en regardant le crime organisé d’aujourd’hui, «c’est que ses différents groupes travaillent maintenant en association». «Ça nous a compliqué la tâche. Avant, ils ne s’aidaient pas, au contraire. Mais notre réussite est justement d’avoir adopté avant eux le même partenariat entre organisations policières pour pouvoir les bousculer.»

Menace «contrôlable»

Grâce à ce même partenariat entre policiers fédéraux, provinciaux et municipaux, le patron de la SQ assure que «la menace extrémiste reste modérée et très contrôlable» au Québec. «Pendant que le nombre d’attentats terroristes est en hausse sur la scène internationale, ici, on travaille beaucoup plus en prévention qu’en répression dans la lutte à la radicalisation. Et c’est tant mieux. On fait face à certaines personnes qui représentent des menaces potentielles, mais ce sont surtout des cas isolés, qu’on surveille notamment sur les réseaux sociaux. On est toujours à l’affût et on travaille en amont, avec la GRC qui agit comme chef de file, avant que ces personnes-là posent des gestes.»

Coupes budgétaires

Contrairement à la GRC qui réclame plus d’effectifs pour lutter contre le terrorisme sans négliger ses autres enquêtes criminelles, la SQ dit suffire à la tâche avec ses ressources actuelles. Et ce, malgré des coupes budgétaires de 30 millions $ l’an dernier. Le nombre de cadres a fondu de 30 % (60 postes coupés sur près de 400), celui des employés occasionnels a été réduit de moitié (400 postes) en deux ans et en 2015-2016, les «verts» ont fait 400 000 heures supplémentaires de moins que les 1,2 million d’heures comptabilisées en 2010-2011. Mais le patron de la SQ prévient qu’il n’y a plus de gras à couper. «On vient d’atteindre l’équilibre budgétaire pour la première fois en 10 ans. Mais là, on a un budget annuel de 920 millions $ et j’en ai besoin.»

Négos «sereines»

Martin Prud’homme a «bon espoir» de s’entendre «au cours des prochains mois» avec ses syndiqués pour renouveler leur contrat de travail. Pour la première fois depuis les dernières négociations de 2011, la direction et l’Association des policiers provinciaux du Québec sont «assises à la même table, deux fois par semaine, et ça va bien». «Le climat est très serein», a-t-il précisé, une situation à l’opposé de celle qui prévaut entre la Ville de Montréal et ses policiers. Le syndicat a déjà réclamé l’ajout de 200 policiers aux 5600 membres actuels, qui gagnent 12 000 $ de moins que ceux de la GRC et 15 000 $ de moins que ceux de la police provinciale ontarienne.