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Un projet-pilote pour Uber

Le ministre Daoust force cependant l’entreprise à posséder des permis de taxis

Le ministre des Transports, Jacques Daoust
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark Le ministre des Transports, Jacques Daoust

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Jacques Daoust entrouvre la porte pour permettre à Uber de rester au Québec avec un projet-pilote qui forcerait l’entreprise à posséder des permis de taxi qu’elle pourrait toutefois répartir sur plusieurs véhicules.

«On vous demande de respecter deux autres règles, ça prend un permis de chauffeurs de taxi, et un permis de taxi», a lancé le ministre des Transports vendredi. Au-delà de ces deux règles, il est prêt à trouver un compromis.

Il donne «la fin de semaine» à Uber pour réfléchir à une proposition. «Vous êtes une compagnie innovante, proposez-nous quelque chose d’innovant», a affirmé M. Daoust.

Uber peut rester

Le ministre croit que l’entreprise n’a pas à se sauver du Québec. Uber fait déjà affaire avec des chauffeurs de taxi comme intermédiaire: le projet de loi ne mettra pas à mal cette activité. Et si elle s’en va, d’autres entreprises prendront sa place, croit celui qui se défend de bloquer l’innovation.

Quant à Uber X, qui permet à des particuliers de faire du transport de personne avec leur véhicule personnel, la situation est plus compliquée. Mais son entourage a confirmé qu’il pourrait par exemple autoriser à des automobiles immatriculées commerciales «d’emprunter» des permis de taxi qui seraient loués par Uber.

Non aux permis

L’entreprise a pourtant annoncé mercredi qu’elle refusait de débourser pour des permis de taxi comme l’industrie traditionnelle le fait. Elle promettait plutôt de payer une somme de près de 3 M$ par année pour exercer ses activités au Québec, équivalent à environ 0,35 $ par course.

Une entreprise comme Téo Taxi loue pourtant ses permis à un coût de 1,60 $ par course pour opérer dans la légalité.

Du côté d’Uber, on ne comprend pas l’intention du ministre. «Nous solliciterons une rencontre avec le ministre Daoust pour bien comprendre les intentions du gouvernement et les balises qu’ils voudront établir dans un projet pilote pour le covoiturage urbain», a affirmé le porte-parole de l’entreprise.

Le cabinet du ministre a confirmé que M. Daoust voulait rencontrer les dirigeants d’Uber «le plus rapidement possible». Le temps est limité puisque Jacques Daoust souhaite que le projet de loi soit adopté avant la fin de session parlementaire, le 10 juin.

Qu’est-ce qu’Uber X ?

Service qui permet à des particuliers d’utiliser leur véhicule personnel pour faire du transport de personnes rémunéré sans permis de taxi.

Chronologie des événements

18 février - Uber témoigne en commission parlementaire et refuse de suspendre son service de taxi, jugé «illégal» par le gouvernement Couillard.

12 mai - Jacques Daoust dépose son projet de loi 100 qui interdit officiellement le modèle Uber X et lui permet de saisir des voitures, suspendre des permis et imposer des amendes pouvant atteindre 25 000 $.

14 mai - Les militants libéraux servent une correction au ministre Daoust en appuyant une résolution qui remet en question son projet de loi lors du conseil général du PLQ. Daoust réplique : «Je ne retournerai pas à la table à dessin».

24 mai - Uber propose de suspendre temporairement ses services en échange de l’abandon de la clause qui l’oblige à posséder un permis de taxi et la mise en place d’un projet pilote lui permettant de rester au Québec.