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La SAQ sert mal les intérêts des Québécois

Une nouvelle étude prône la démonopolisation

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QUÉBEC | Le monopole de la Société des alcools du Québec (SAQ) servirait très mal les Québécois, selon une nouvelle étude de trois spécialistes indépendants, qui réclament de meilleurs prix, davantage de choix et plus d’efficacité.

Dans un document étoffé de 44 pages obtenu par Le Journal, le professeur en économie de l’UQÀR, Frédéric Laurin, le chroniqueur en vin Yves Mailloux et l’économiste Paul Daniel Müller soutiennent que la SAQ souffre d’un manque de concurrence.

«Le système monopolistique actuel ne sert en réalité que les intérêts d’un petit nombre de parties prenantes», indique l’économiste Paul Daniel Müller.

Des économies

Selon les auteurs, la démonopolisation de la SAQ permettrait notamment au gouvernement de réaliser des économies sur le coût des produits achetés et sur le coût de la distribution.

Car comme l’a indiqué la semaine dernière la vérificatrice générale du Québec, la SAQ paie actuellement son vin plus cher que la moyenne des autres importateurs internationaux. Les appels d’offres de la SAQ ne favorisent pas les meilleurs prix demandés aux producteurs.

Le «prétendu» pouvoir d’achat de la SAQ ne profite donc pas aux consommateurs. Car plus les prix du gros sont élevés, plus la SAQ fait de l’argent en raison de fort taux de majoration (moyenne de 135 %), note l’étude.

Des gains potentiels estimés annuellement entre 50 et 150 millions $ seraient envisageables pour les contribuables et les consommateurs, estime-t-on.

L’étude compare notamment les prix du monopole de la SAQ avec ceux de l’Ontario, de l’Alberta et de la Colombie-Britannique. Partout, les prix de la SAQ sont les plus élevés.

Taxe régressive

L’étude met également en lumière le système de majoration de la SAQ qui se veut différent et discriminatoire selon le prix de la bouteille achetée en succursale.

Ainsi, plus une bouteille vaut cher, moins la SAQ impose un taux de majoration élevé.

Une aberration, d’après les auteurs, puisque les clients les moins fortunés de la SAQ en ont moins pour leur verre pour chaque dollar dépensé.

Les auteurs croient qu’une démonopolisation ferait apparaître une nouvelle expérience de dégustation et de découverte.