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L’Amundsen parti pour 125 jours sur les eaux arctiques

Une quarantaine de scientifiques ont pris le large pour étudier les effets du réchauffement climatique

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Les au revoir et les baisers soufflés étaient dans l’air sur les quais de la Garde côtière hier pour le grand départ de l’Amundsen, qui a pris le large pour une mission scientifique de 125 jours dans l’Arctique afin d’évaluer les effets du réchauffement climatique.

Le navire a quitté Québec avec 80 personnes à son bord, dont 42 scientifiques du programme GreenEdge. Ce sont eux qui utiliseront les laboratoires du brise-glace lors des six premières semaines de l’expédition pour étudier le phytoplancton des eaux arctiques.

«On va étudier le retour à la vie de l’Arctique au printemps. Ça commence sous la glace, lorsque les algues microscopiques commencent à pousser, et c’est ce qui soutient la chaîne alimentaire en Arctique. Les changements climatiques risquent de fortement affecter toute l’activité biologique du secteur», explique Marcel Babin, coordonnateur en chef du projet mené par l’Université Laval.

Important comme jamais

Habitué de l’Amundsen, le scientifique Louis Fortier rejoindra quant à lui son bien-aimé navire au mois d’août. Ces 125 jours de recherche de pointe sur les changements climatiques sont, selon lui, plus nécessaires que jamais.

«C’est important d’y retourner chaque année pour voir comment évolue la vitesse de progression du réchauffement planétaire», note l’expert, qui qualifie la situation d’effarante. «Ça va beaucoup plus vite que les modèles le prévoyaient.»

À titre d’exemple, les premières analyses prévoyaient un océan libre de glace en été pour 2100, alors que ce scénario pourrait devenir réalité d’ici 15 ans.

Moments émouvants

Une trentaine de proches des membres de l’équipage s’étaient réunis pour le grand départ de l’expédition. Des moments toujours émouvants qui ont une signification particulière pour certains depuis la tragédie qui a coûté la vie à trois membres de l’Amundsen en 2013. L’hélicoptère du navire s’était alors écrasé dans les eaux glaciales du détroit de McClure.

«On fait des rappels de cette tragédie-là ensemble, parce que ces trois collègues qui ont perdu la vie, c’étaient avant tout des amis. Ils sont dans nos souvenirs et nous savons qu’ils naviguent toujours avec nous», rappelle M. Fortier, qui vivra ce troisième anniversaire avec émotion à proximité des lieux de la tragédie.

le navire en chiffres

  • Construit en 1979
  • Rénové en 2003
  • 98 mètres de longueur
  • 6 ponts
  • Propulsé par 6 moteurs semblables à des engins de locomotive
  • 14 000 chevaux-vapeur
  • 80 personnes à bord
  • 38 membres d’équipage
  • 42 scientifiques
  • Une douzaine de conteneurs pour stocker le matériel scientifique