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PQ: iceberg en vue

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark Le PQ a besoin d’un traitement-choc, pas d’une enfilade de sourires, de lieux communs et de bons sentiments.

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Si le PQ est sévèrement battu aux prochaines élections, il ne pourra pas dire qu’il n’a pas été prévenu.

Les avertissements lui viennent de partout.

M. Lisée estime que le PQ court à sa perte s’il ne prend pas acte du sentiment populaire.

Pierre Céré, candidat à la direction du parti en 2014, craint un «effondrement».

Que des gens de sensibilités aussi différentes partagent la même inquiétude en dit long.

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Les avertissements ne datent pas non plus d’hier. Jacques Parizeau disait que le PQ avait «perdu son âme».

Le PQ a déjà subi un violent K.O. aux mains de l’ADQ en 2007.

Visiblement, la leçon n’a pas été retenue, car la CAQ prépare exactement le même coup en 2018, et le PQ lui cède tout l’espace qu’elle souhaite.

La course à la direction n’intéresse personne en dehors des rangs péquistes, quoique cette indifférence semble devenue la norme pour tous nos partis.

Encore faudrait-il que les deux meneurs présumés, M. Cloutier et Mme Hivon, disent quelque chose qui alimente sérieusement les réflexions.

Une autre candidate, Mme Ouellet, propose d’avaler une pilule de cyanure avec honneur et enthousiasme.

Le dernier entré dans la course est péquiste depuis quelques jours.

Ouais...

Il reste M. Lisée qui, de son mieux, met des bûches dans le poêle.

Autour de moi, on trouve que les candidats n’ont pas l’envergure des figures historiques qui ont dirigé ce parti dans le passé.

C’est à la fois vrai et injuste: ils sont comme ils sont et ont le mérite de vouloir servir.

Il reste que le meneur de la course n’a, pour le moment, que l’appui d’un péquiste sur quatre, ce qui est en soi révélateur.

À moins que l’une des candidatures ne décolle, celui qui franchira la barre requise des 50 % aura été le deuxième choix de beaucoup de gens.

Comme élan pour la suite, on pourrait souhaiter mieux.

Pendant ce temps, Québec solidaire ne fait plus mystère de sa volonté de faire cavalier seul.

La CAQ, elle, multiplie les positions fortes sur des sujets concrets comme l’école, l’économie et l’immigration.

Où est-ce que je veux en venir?

Je veux en venir au fait que, devant tous ces signaux inquiétants, les meneurs de la course doivent se comporter en conséquence.

Au lieu de cela, on nous sert des propositions visiblement conçues pour ne pas soulever trop de controverses.

Ils peuvent et devront faire mieux que cette camomille.

Hauteur

Je peux comprendre que la démission subite de M. Péladeau les prenne au dépourvu et sans véritable programme.

Il demeure que le PQ a besoin d’un traitement-choc, pas d’une enfilade de sourires, de lieux communs et de bons sentiments.

La stratégie de se faire élire d’abord et de voir ensuite est peut-être payante au plan individuel, mais elle ne sert pas le parti si elle transforme la course en une occasion perdue.

Honnêtement, j’aimerais sentir que cette course reflète la gravité du moment.

Au hockey, on dit que, lorsque les séries éliminatoires commencent, il faut hausser son jeu de plusieurs crans.

On y est.