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Pitbulls: agir immédiatement!!!

Bon Dieu, est-il normal qu’en 2016, il faille changer de trottoir quand on voit venir un de ces chiens?!

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Nous n’apprendrons jamais... Il fallait une tragédie, écrite dans le ciel, pour qu’on s’ouvre enfin les yeux.

«Le pitbull était en train de lui dévorer la jambe», a dit le premier voisin arrivé sur les lieux.

À ce moment-là, Christiane Vadnais était déjà morte, le haut du corps couvert de morsures.

Nous ne sommes pas dans le fin fond du Mississippi en 1911. Nous sommes au Québec, en 2016, dans un secteur résidentiel de Pointe-aux-Trembles.

Bon Dieu, est-il normal qu’en 2016, il faille changer de trottoir quand on voit venir un de ces chiens?!

«Non, mais qu’est-ce qu’ils attendent? Je n’ai plus de mère, moi», disait la fille de Mme Vadnais.

Sophismes

Le lobby des pitbulls, vous allez voir, nous resservira quand même ses quatre sophismes habituels déguisés en arguments rationnels:

1. «Le problème, ce n’est pas le chien, c’est le maître.»

Le gouvernement ne peut superviser le comportement de chaque propriétaire. De toute façon, indépendamment du maître, c’est déjà un type de chien plus agressif que d’autres, puisque conçu pour la garde et le combat.

Au fond, c’est similaire au débat des armes à feu: ne pouvant savoir ce qui se passe dans la tête des gens, on a interdit, au Canada, les armes les plus meurtrières.

2. «J’en ai un et le mien est doux comme un agneau.»

Le gouvernement ne peut examiner la psychologie de CHAQUE chien. Il doit donc se fier aux données globales existantes. Ils sont d’ailleurs souvent gentils... jusqu’au jour où ils pètent les plombs.

J’aimerais voir le propriétaire d’un de ces toutous «inoffensifs» affronter la fille de Mme Vadnais ou la mère d’un enfant défiguré et lui dire: «Mon petit chéri, LUI, n’aurait jamais fait ça.»

3. «Si on interdit les pitbulls, les idiots se procureront d’autres chiens agressifs.»

Depuis quand faut-il s’empêcher d’éliminer un danger parce qu’il y a d’autres dangers? Bannissons le danger le plus immédiat et le mieux documenté. Pour les autres chiens, examinons ce qui se fait ailleurs.

On ne pourra jamais empêcher l’idiotie, mais on peut certainement limiter sa capacité à faire des dégâts.

4. «En Ontario, après l’interdiction des pitbulls, le nombre de morsures a augmenté.»

Si le nombre de chiens augmente, le nombre de morsures augmentera, puisque tous les chiens peuvent mordre.

Ce n’est pas le nombre de morsures qui compte, mais leur gravité. Contrairement à la morsure d’un chihuahua, celle du pitbull, qui est souvent répétitive, peut laisser des séquelles permanentes, voire tuer.

Fini

Le lobby des pitbulls, qui tronque les faits dérangeants et n’admettra jamais rien, rappelle un proverbe animalier: on peut amener l’âne à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire. L’affaire ne saurait non plus être renvoyée dans la cour des 1100 municipalités du Québec.

Imaginez le fouillis réglementaire et les pressions que l’agressif lobby canin ferait subir aux conseils municipaux des petits villages où tous se connaissent.

En attendant un encadrement provincial, Laval agira rapidement. Bravo. Ne laissons plus ces armes chargées sur quatre pattes parmi nous.