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Un caïd isolé des autres détenus

Un leader du gang de l’Ouest accuse les autorités carcérales de discrimination basée sur son handicap

Shane Kenneth Maloney doit subir un procès d’une durée de six mois, à l’automne 2017, pour complot, possession d’explosifs, importation et trafic de cocaïne.
Photo d’archives Shane Kenneth Maloney doit subir un procès d’une durée de six mois, à l’automne 2017, pour complot, possession d’explosifs, importation et trafic de cocaïne.

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Isolé des autres détenus depuis près d’un an, un leader du gang de l’Ouest qui impose la crainte même s’il est confiné à un fauteuil roulant se dit victime de discrimination à la prison de Rivière-des-Prairies.

Shane Kenneth Maloney veut que la Cour d’appel ordonne à la directrice de la prison, Line Fortin, de cesser de l’enfermer à l’infirmerie et de le réintégrer dans la popu­lation carcérale générale.

Dans sa requête, dont Le Journal a obtenu copie, le présumé trafiquant de 38 ans souhaite aussi que le plus haut tribunal de la province en vienne à la conclusion que ses conditions de détention actuelles sont «déraisonnables et illégales».

Handicap

Considéré par les policiers comme un haut gradé de la pègre irlandaise, Maloney est contraint de se déplacer en fauteuil roulant depuis qu’un accident de moto l’a laissé paraplégique il y a 18 ans.

Dans le milieu criminel, on le surnomme d’ailleurs «Wheels» en référence à son handicap.

Cela ne l’a pas empêché de se hisser au sommet du gang de l’Ouest – un groupe criminalisé traditionnellement associé aux braquages armés et à l’importation de cocaïne – et d’avoir participé à l’agression d’un policier montréalais en 2011. Maloney invoque d’ailleurs la «discrimination basée sur son handicap» pour expliquer le traitement qu’on lui réser­ve en prison.

Sorties limitées

Depuis le 11 juillet 2015, l’appelant est détenu à l’infirmerie de l’établissement de détention, «où il n’a aucun contact avec les autres prisonniers».

Les agents correctionnels le laisseraient sortir «deux à trois heures par jour», mais «il n’est pas inhabituel que l’appelant y soit confiné durant plus de 30 heures consécutives», selon ses avocates, Mes Cristina Nedel­cu et Annik Magri.

Maloney prétend aussi qu’il n’a à peu près «pas accès aux activités» ni aux installations (gymnase, salle commune avec télé­vision), comme les autres détenus.

En réponse à ses demandes, les autorités carcérales «réitèrent constamment que son placement est dû à sa condition médicale et à son utilisation d’un fauteuil roulant», allègue-t-il.

La Cour supérieure a rejeté une première requête du résident de L’Île-des-Sœurs pour faire réviser ses conditions de détention en avril dernier.

Maloney subira son procès en septembre 2017 pour avoir présumément dirigé un lucratif réseau de trafiquants qui aurait importé deux tonnes de cocaïne et engrangé des recettes de 50 millions $ en l’espace de six mois, en 2012.

Qui est Shane Kenneth Maloney ?

  • À 18 ans: il est arrêté pour le vol d’un camion contenant plus de 2500 kg de tabac près du poste frontalier de Lacolle et il écope de deux mois de prison.
  • Deux ans plus tard: il perd l’usage de ses jambes à la suite d’un accident de moto, mais son handicap ne l’empêchera pas de devenir par la suite un membre influent du gang de l’Ouest.
  • 9 janvier 2011: un enquêteur du SPVM en vacances au Mexique se trouve au club Blue Parrot, à Playa Del Carmen, lorsqu’il reconnaît Maloney et un sympathisant des Hells Angels, Marc-André Lachance, en compagnie de policiers québécois. L’enquêteur sera surpris en train de photographier le groupe avant d’être séquestré, menacé et sévèrement battu.
  • 27 octobre 2011: arrêté par le SPVM pour l’agression au Mexique, Maloney est remis en liberté provisoire après sa comparution.
  • 1er novembre 2012: il est arrêté de nouveau parmi une centaine de suspects lors du démantèlement d’un réseau d’importation et de trafic de cocaïne. De plus, il est accusé de possession de 450 kg d’explosifs.
  • 13 décembre 2013: il se reconnaît coupable d’intimidation relativement à l’agression du policier au Mexique et il est condamné à deux ans de pénitencier.