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L’enquête sur Cédrika a permis d’élucider un autre enlèvement

Une jeune femme a été séquestrée et agressée peu avant la disparition de la fillette

GEN-CATHERINE CARPENTIER
Photo Agence QMI, ANDRÉANNE LEMIRE Depuis son agression, Catherine Carpentier a déménagé et teint ses cheveux, croyant que son agresseur pourrait la retrou­ver.

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La réouverture de l’enquête sur la disparition de la petite Cédrika a récemment permis d’élucider un autre enlèvement commis à la même époque dans la même région.

Le 20 juillet 2007, Catherine Carpentier a été kidnappée dans le stationnement d’un Super C à Trois-Rivières. Séquestrée, puis agressée pendant quatre heures, la jeune femme de 21 ans a finalement réussi à convaincre son agresseur de lui rendre sa liberté. Il l’a abandonnée sur un chemin de terre.

Et 11 jours plus tard, Cédrika Provencher a disparu. Moins de 10 kilomètres séparent l’endroit où Catherine a été enlevée et le parc où l’enfant de neuf ans a été aperçue pour la dernière fois. Évidemment, les policiers ont pensé à l’époque que les deux événements pouvaient être liés. Or, les enquêtes n’ont d’abord connu aucun développement significatif.

Cédrika Provencher. Décédée
Photo d'archives
Cédrika Provencher. Décédée

Puis, le 12 décembre dernier, des ossements de Cédrika ont été retrouvés dans un secteur boisé de Trois-Rivières. De nombreux efforts ont ainsi été déployés pour résoudre cette disparition qui a secoué tout le Québec.

Les enquêteurs des crimes non résolus de la Sûreté du Québec n’ont rien négligé, réexaminant même certains événements de l’époque dans la région, dont l’enlèvement de Catherine.

Nouvel espoir

«En février dernier, j’ai appris que la SQ avait repris l’enquête pour mon enlèvement. J’ai eu un regain d’espoir», a confié Catherine au Journal.

À l’époque, les policiers de Trois-Rivières avaient fait faire un portrait-robot de l’agresseur, basé sur le témoignage de la victime, mais aussi sur ceux de deux témoins qui avaient assisté à l’enlèvement.

Grâce à ça, à d’autres techniques d’enquête et à des recoupements entre différents rapports de police, les enquêteurs de la SQ ont ainsi pu récemment identifier le suspect et apprendre que l’homme de 41 ans s’était suicidé quelques jours après l’enlèvement de Catherine.

«On est en mesure de confirmer qu’il s’est suicidé entre le 24 et le 27 juillet 2007», a indiqué Martine Asselin, de la Sûreté du Québec.

Une information qui exclut ainsi que cet agresseur soit celui qui a enlevé Cédrika, disparue le 31 juillet de la même année.

Et pour être certains à 100 % d’avoir identifié le bon suspect, les policiers ont, avec leur permission, prélevé sur les parents de l’homme un échantillon d’ADN.

«Le sang retrouvé sur la jupe de la victime correspond», a indiqué la lieutenante Asselin.

La Sûreté du Québec classe ainsi cette affaire comme un dossier résolu. «C’est un pas de plus dans l’enquête sur Cédrika Provencher», a affirmé la porte-parole de la SQ.

Soulagée, mais insatisfaite

«Même si je suis satisfaite de pouvoir enfin tourner la page, j’ai l’impression que cette histoire se termine en queue de poisson. Je suis une combative dans l’âme, j’aurais aimé pouvoir con­fronter mon agresseur en Cour», a lancé Catherine Carpentier.

En 2007, la jeune femme a été enlevée, séquestrée, puis agressée par un inconnu. Ce n’est que la semaine dernière qu’elle a appris que le suspect a été identifié, mais qu’il est aujourd’hui décédé. L’homme s’est en effet suicidé quelques jours après l’agression.

«J’aurais aimé savoir avant, qu’il s’était suicidé. Je n’aurais pas eu à repenser à cet événement pendant les neuf dernières années», a dit la victime.

La femme qui a aujourd’hui 30 ans dit avoir vécu depuis le drame avec la peur de recroiser l’agresseur.

«Surtout que quand il m’a relâchée, il a dit que si je parlais à la police, il me retrouverait», se souvient-elle.

La jeune femme a malgré tout appelé les policiers. L’enlèvement de Catherine est survenu à Trois-Riviè­res, 11 jours avant la disparition de Cédrika Provencher. La jeune femme a longtemps pensé que son agres­seur était responsable du sort de l’enfant.

«Personnellement, j’espérais que ça ne soit pas le même parce que je ne voulais pas qu’elle ait subi ce que j’ai vécu», a dit Catherine.

Culpabilité

Elle a été très ébranlée lorsqu’elle a appris que des ossements de l’enfant avaient été retrouvés en décembre dernier.

«Ça a fait remonter des émotions. Depuis, j’ai un syndrome de culpabilité. La culpabilité de m’en être sortie et elle non», a-t-elle dit.

Elle dit repenser souvent à son enlèvement, à ce qu’elle aurait pu faire pour faire en sorte qu’il soit piégé. «Les policiers l’auraient attrapé, ça aurait été médiatisé, ça aurait envoyé un message. Et peut-être que Cédrika ne se serait pas fait enlever», a-t-elle dit.

Catherine se dit malgré tout «soulagée» de savoir que l’homme ne pourra plus faire de mal à qui que ce soit.