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Un ex-DG payé en double par le CHUM

Serge LeBlanc reçoit sa pension en plus de contrats payants

Après avoir travaillé 24 ans au CHUM, Serge LeBlanc accumule les contrats à titre de consultant depuis sa retraite en 2010.
Photo d’archives Après avoir travaillé 24 ans au CHUM, Serge LeBlanc accumule les contrats à titre de consultant depuis sa retraite en 2010.

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Un ancien directeur général du CHUM accumule les contrats payants avec l’hôpital depuis son départ en 2010. Il a reçu jusqu’à près de 300 000 $ par année, en plus de sa rente de retraite, a appris Le Journal.

Depuis sa retraite du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), en 2010, Serge LeBlanc a reçu cinq contrats de son ex-employeur.

Conseiller en gestion

Le dernier, d’une valeur de 225 000 $ et attribué de gré à gré, prévoit qu’il agisse à titre de «conseiller de l’équipe de gestion de la performance clinique et de la pertinence».

La durée du mandat est de 18 mois, d’octobre 2015 à mars 2017. Selon le CHUM, il travaille 28 heures par semaine et touche 125 $/heure (soit 150 000 $ par année).

«Il est engagé pour superviser l’équipe. Son rôle consiste à analyser les pratiques cliniques pour mieux répondre aux besoins de la population et permettre de prendre de meilleures décisions», explique Joëlle Lachapelle, conseillère aux communications du CHUM.

Pharmacien de formation, M. LeBlanc a travaillé au CHUM durant 24 ans, et il a été directeur général par intérim de juillet 2008 à novembre 2009. À sa retraite le 15 janvier 2010, il gagnait 168 659 $ comme directeur général associé.

Or, trois jours après son départ pour lequel il avait reçu une indemnité, il avait été embauché à titre de conseiller de l’ancien directeur général, Christian Paire.

Il a occupé cette fonction de janvier 2010 à février 2013. En 2010 et 2011, la valeur annuelle de ses contrats frôlait les 300 000 $.

Serge LeBlanc
Photo d'archives
Serge LeBlanc

«Haut calibre»

La direction du CHUM explique tous ces contrats par le fait que M. LeBlanc est une personne «de haut calibre» pour des mandats spécifiques.

«Chaque fois qu’on l’engage, c’est pour des besoins ponctuels, parce qu’on a besoin d’une expertise externe», dit Mme Lachapelle.

Par ailleurs, M. LeBlanc touche aussi sa rente de retraite, mais la direction du CHUM ne pouvait pas préciser quel montant ou quel pourcentage de son salaire il reçoit.

Retraite Québec ne pouvait pas non plus estimer le montant de la rente de M. LeBlanc, puisque plusieurs facteurs doivent être pris en considération.

Or, on indique que les gens qui sont embauchés comme «consultants» externes après leur retraite n’ont aucune pénalité sur leur rente.

Coupes aux patients

Au syndicat des employés du CHUM, on déplore que M. LeBlanc soit encore embauché, six ans après sa retraite.

«Ça fait longtemps que la passation de ses connaissances aurait dû être faite, souligne Michelle Maziade, première vice-présidente du syndicat. On est dans un réseau universitaire, on devrait avoir un plan de transfert des connaissances.»

«Et pendant ce temps-là, on coupe dans tous les services aux patients, c’en est ridicule!» ajoute-t-elle.

Joint par Le Journal, M. LeBlanc a refusé de commenter ses contrats.

Contrats de M. LeBlanc avec le CHUM

Janvier à décembre 2010

Conseiller du directeur général (Christian Paire)

297 000 $

Taux horaire: 150 $


Janvier à décembre 2011

Conseiller du directeur général (Christian Paire)

286 000 $

Taux horaire: 150 $


Janvier 2012 à février 2013

Conseiller du directeur général et pilotage du mode d’acquisition des équipements médicaux du nouveau CHUM

130 000 $

Taux horaire: entre 125 $ et 150 $


Avril 2015 à octobre 2015

Conseiller au Département de chirurgie durant le processus de nomination du nouveau chef de chirurgie.

58 500 $

Taux horaire: entre 125 $ et 150 $


Octobre 2015 à Mars 2017

Conseiller de l’équipe de gestion de la performance clinique et de la pertinence

225 000 $

Taux horaire: 125 $ (28 h par semaine)

Source : CHUM