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Un gynécologue trouvé coupable d’attouchements sur trois patientes

Dr Kamal Maraghi
Photo d'archives Le Dr Maraghi.

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MONTRÉAL – Le Conseil de discipline du Collège des médecins estime que le Dr Kamal Maraghi, spécialiste en obstétrique et gynécologie, a posé des gestes indignes de sa profession pour avoir notamment tripoté des patientes.

Le Conseil de discipline a transmis mardi une décision rendue au sujet de trois femmes ayant porté plainte contre le médecin pour des gestes à caractère sexuel et abusif dans le cadre d’un examen gynécologique. Il a aussi posé des questions inappropriées aux trois femmes, leur a caressé le clitoris et pour une des trois femmes, les seins, au cours de différentes consultations.

Le Dr Maraghi a nié les versions des trois plaignantes, mais le conseil a conclu que l’argumentaire du médecin «était cousu de fil blanc». Le gynécologue affirmait également ne pas se souvenir de ces consultations, mais le processus d’audition a démontré le contraire, notamment avec des lettres fournies par l’accusé pour tenter d’expliquer sa version des faits. Il a aussi été possible de conclure que les notes personnelles sur ces patientes ont été volontairement détruites.

Le Conseil de discipline en déduit que les «examens gynécologiques pratiqués par l’intimé auprès de ces femmes ne sont pas des actes médicaux, tels qu’ils devraient être pratiqués».

La preuve révèle selon le Conseil «plusieurs ressemblances sur les éléments déterminants des chefs d’infraction: patientes nues à qui on n’offre pas ce qu’il faut pour se couvrir décemment; mouvements de va-et-vient des doigts dans le vagin, intenses et prolongés, allant jusqu’à quelques minutes; palpation, pincement, caresse et stimulation du clitoris».

Les patientes étaient âgées respectivement de 19, 20 et 29 ans au moment des faits qui se sont produits en 2006 et 2008, à la Polyclinique Masson, à Montréal, et en 1995 à la clinique Métro-Médic de Longueuil. Les victimes ont attendu plusieurs années avant de dénoncer les gestes posés à leur endroit par le professionnel de la santé. Le dossier a toutefois aussi été retardé lorsqu’il a été possible de regrouper les trois dossiers dans une même enquête.

Pas de jaquette

La preuve a aussi démontré que les patientes ont dû subir leurs examens en étant nues, ou partiellement nues, sans jaquette médicale. Le Dr Maraghi a prétexté que ce type de vêtement n’était tout simplement pas «disponible» dans la clinique où il pratiquait.

Sur ce point, le conseil a précisé dans sa décision qu’il est de la responsabilité du médecin qui pratique un examen de toujours «s’assurer que la patiente puisse se dévêtir en privé et qu’elle puisse se couvrir avec une jaquette ou un drap» et que celle-ci ne devrait «découvrir que la région qu’il s’apprête à examiner: en aucun moment la patiente ne devrait être complètement nue devant lui».

La décision rendue le 15 juin précise que les parties seront convoquées afin de statuer sur la sanction à imposer au Dr Maraghi.