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Le vrai Alexandre Cloutier doit se lever

Le vrai Alexandre Cloutier doit se lever
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Le favori dans la course à la chefferie du Parti québécois, Alexandre Cloutier, veut faire de la politique autrement. Pour l’instant, il rate la cible.

Lors de la précédente course qui couronna Pierre-Karl Péladeau, j’étais de ceux qui croyaient que le jeune député Cloutier s’était grandement démarqué. Il était inspiré et inspirant. Il était rafraîchissant. Ses idées étaient audacieuses.

Depuis le début de cette autre course, je le trouve soporifique. Il sonne trop formaté. Ses idées semblent réchauffées. Il ressemble désormais à un jeune vieux politicien.

Émule de Justin

Celui qui avait causé la surprise il y a quelques mois déçoit maintenant bien des gens.

Son entourage a beau le nier, il faut être dupe pour croire que l’on ne tente pas de s’inspirer du succès de Justin Trudeau. Un homme jeune à l’apparence soignée, la famille parfaite, les activités à grand déploiement où le contenu est totalement occulté par le contenant.

Tout y est. Mais au-delà du culte de l’image, nombreux sont ceux qui expriment désormais la crainte de découvrir ce qui s’apparenterait à une coquille vide.

Rien à se mettre sous la dent

Prenez le grand rassemblement tenu il y a quelques semaines à Montréal. Mis à part la brochette d’artistes présents pour appuyer Alexandre Cloutier, il n’y avait rien à se mettre sous la dent. D’ailleurs, suis-je le seul à en avoir marre de l’importance que nous accordons aux choix politiques de nos chers artistes bien-pensants? Est-ce vraiment un plus pour un candidat qui souhaite se démarquer?

Les Québécois aiment les hommes et femmes qui les divertissent en chansons et en images. Mais de tabler sur la notoriété de ces derniers pour faire mousser une candidature me semble dépassé comme méthode.

On reconnaît la même vieille recette du PQ. L’émotion, la grande quête, le chant des artistes engagés...

Je persiste à croire qu’Alexandre Cloutier recèle un potentiel énorme. Il doit revenir à la base et cesser de vouloir incarner la perfection. À trop tenter de projeter l’image d’un futur premier ministre, il apparaît comme un politicien comme les autres.

Lisée se démarque

Heureusement qu’il y a Jean-François Lisée pour casser le moule. Pour l’instant, c’est lui qui incarne le renouveau. Vraiment!

Lisée appuie sur les bons boutons depuis le début de cette course. Il est le seul qui est susceptible de ratisser plus large que la base traditionnelle du PQ. Il travaille fort pour se départir de cette étiquette de bourgeois suffisant qui lui collait à la peau depuis belle lurette. Et cela semble lui réussir.

Reste à voir si le «p’tit gars de Thetford» pourra déjouer les pronostics.

Ce qui nous ramène à Alexandre Cloutier. Le meneur de cette course devra faire mieux. Sans quoi, le vent pourrait rapidement tourner. Et une pareille occasion ne se présente pas deux fois.