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2,25 M$ de plus pour éviter de se baigner dans les égouts

Le projet de la plage de l’Est nécessitera le déplacement d’une conduite de surverse

La future plage se situera entre les 94e et 96e Avenues, à Pointe-aux-Trembles, et comprendra des jeux d’eau et une promenade.
Photo Le Journal de Montréal, Améli Pineda La future plage se situera entre les 94e et 96e Avenues, à Pointe-aux-Trembles, et comprendra des jeux d’eau et une promenade.

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Les Montréalais devront payer 2,25 M$ de plus pour la future plage de l’Est pour éviter de se baigner sur un site où se déversent les égouts lors de fortes pluies, a appris Le Journal.

Alors que Longueuil vient d’inaugurer sa plage publique sur les berges du Saint-Laurent, Montréal a choisi un des pires endroits pour sa plage qui sera inaugurée en 2017, selon les plus récents bilans de qualité d’eau, analysés par Le Journal.

La future zone de baignade à Pointe-aux-Trembles donne sur un point de surverse. Lors de fortes pluies, les déversements dans le fleuve entraînent une forte présence de coliformes fécaux.

Pour rendre le site propre, Montréal déplacera le tuyau de plusieurs mètres.

Une opération qui coûtera 2,25 M$ de plus que les 3 M$ annoncés.

«Ces travaux feront une importante différence sur la qualité de l’eau», dit Chantal Rouleau, responsable de l’eau au comité exécutif.

Eau brune

Au moment du passage du Journal hier, une légère odeur d’égout se dégageait et l’eau était de couleur brunâtre.

Plusieurs averses ont touché la métropole dans les derniers jours et les analyses de la Ville indiquaient un taux de 250 coliformes fécaux par 100 ml lors du dernier échantillonnage, le 27 juin.

La norme pour la baignade est de moins de 200 coliformes fécaux par 100 ml d’eau.

« Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’actuellement, même se tremper les pieds, ce ne serait pas conseillé » – Clément Mortier, de la Fondation Rivières

Si l’on se fie aux tests hebdomadaires, la plage aurait été fermée à deux reprises cette année.

Mme Rouleau, qui est aussi mairesse dans l’arrondissement de Rivières-de-Praires–Pointe-aux-Trembles, n’est pas en mesure d’indiquer si les travaux permettront d’ouvrir plus souvent la plage.

La Ville souligne que d’autres activités comme la pêche et le canot sont permises jusqu’à 1000 coliformes fécaux par 100 ml d’eau.

Montréal n’aurait pas pu choisir pire site pour aménager un accès à l’eau, disent certains experts.

L’an dernier, sur les 20 semaines d’analyses de mai à septembre, la Ville a rapporté que l’eau était de mauvaise qualité durant 12 semaines. L’endroit n’aurait été propice à la baignade que l’équivalent de huit semaines.

La future plage se situera entre les 94e et 96e Avenues, à Pointe-aux-Trembles, et comprendra des jeux d’eau et une promenade.
Photo Améli Pineda

Plage improvisée

«Une plage, ça ne s’improvise pas, ça s’étudie. Déplacer un tuyau de quelques mètres n’améliorera pas nécessairement la qualité de l’eau. Ça ne fait que déplacer le problème ailleurs», souligne l’environnementaliste Daniel Greene.

Les inquiétudes sont aussi partagées par la Fondation Rivières.

«Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’actuellement, même se tremper les pieds, ce ne serait pas conseillé», souligne Clément Mortier, chargé de projet à la Fondation Rivières.

L’opposition à l’Hôtel de Ville craint que les Montréalais aient investi de l’argent pour une plage qui ne sera ouverte que la moitié du temps.

«On commence à se dire que ce n’est pas pour rien que les esquisses de la Ville ne montrent personne dans l’eau», dit Sylvain Ouellet, conseiller chez Projet Montréal.