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Gérald Tremblay dénoncé à la police par son ex-directeur général

Gérald Tremblay dénoncé à la police par son ex-directeur général
Photo d'archives

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L'ex-directeur général de la Ville de Montréal a affirmé à la police que le maire Gérald Tremblay l'avait mandaté pour demander des faveurs à un gros entrepreneur faisant affaire avec la Ville.

Robert Abdallah, qui était le grand patron des fonctionnaires municipaux de 2003 à 2006, y est allé de déclarations incriminantes lors d'une rencontre avec les enquêteurs de l'UPAC le 16 juillet 2015.

Il a raconté que Gérald Tremblay, qui a toujours dit ignorer les malversations avec des entrepreneurs, a donné lui-même certaines directives.

Ainsi, Abdallah a fait état à la police d'une réunion tenue dans le bureau de Gérald Tremblay avant les championnats aquatiques de la FINA de 2005, qui se déroulaient à Montréal.

La réussite financière de l'événement était en péril et Gérald Tremblay voulait s'assurer qu'il serait un succès. Il «a dit aux personnes présentes qu'elles devaient vendre des billets à tous ceux qu'ils connaissaient et qui faisaient des affaires avec la Ville», ont noté les enquêteurs après avoir parlé à Abdallah.

«Gérald Tremblay a demandé "Qui connaît SNC? Qui connaît CIMA+?" Il avait assigné Simard-Beaudry à Robert Abdallah, qui est l’ami d’Antonio Accurso», écrivent les enquêteurs.

Ne voulant pas enfreindre les règles élémentaires de l'éthique, Abdallah aurait refusé de solliciter son ami entrepreneur, et c'est le controversé Bernard Trépanier, collecteur de fonds du parti du maire, qui s'en serait chargé.

«Robert Abdallah mentionne que c’est contre toute bonne gestion de demander au plus haut fonctionnaire de la Ville de vendre des billets à des entrepreneurs, sans penser lui devoir quelque chose après. Ça aurait été de toute évidence une redevance», poursuivent les enquêteurs.

Ces révélations sont contenues dans des affidavits rédigés par les enquêteurs de l'UPAC dans le cadre de l'enquête sur la collusion et la corruption alléguées à la Ville de Montréal dans les années 2000. Un juge en a autorisé la publication de nouveaux passages, hier.

Ces allégations n’ont pas encore été prouvées devant un juge, et aucune accusation n’a encore été déposée dans cette affaire.

Gérald Tremblay a toujours soutenu qu'il n'avait rien à se reprocher et rejeté la responsabilité sur des membres de son entourage, qui ne lui auraient pas tout dit.

En tant qu'ex premier fonctionnaire de la Ville, Abdallah est un témoin de poids pour l'UPAC. Néanmoins, sa crédibilité a été entachée lorsque l'entrepreneur Lino Zambito a affirmé devant la commission Charbonneau qu'il avait reçu un pot-de-vin de 300 000 $, ce qu'Abdallah a vivement nié.

Aussi, son départ de la Ville ne s'est pas fait dans des circonstances harmonieuses. Gérald Tremblay a affirmé l'avoir renvoyé, mais Abdallah a plutôt prétendu au quotidien La Presse qu'il avait démissionné en raison d'un bris de confiance avec le maire.

 

Ce qu'écrivent les enquêteurs de l'UPAC

«La réélection du parti Union Montréal à la tête de la Ville de Montréal était nécessaire à la survie du système collusionnaire.»

«Pour l'enjeu électoral de la FINA, Gérald Tremblay a demandé à son entourage (...) de solliciter le milieu des affaires pour collecter des fonds.»

«Un système de partage des contrats de la Ville de Montréal relié au financement politique a été opéré notamment par Bernard Trépanier et l'élu Frank Zampino.»

 

Le projet FRONDE, de l'UPAC, en bref

Cette enquête vise large. Elle concerne entre autres le système de collusion dans les contrats à la Ville de Montréal, le financement politique illégal, ainsi que le mégacontrat des compteurs d’eau et les événements entourant le championnat FINA en 2005.

 

Les infractions alléguées par la police, mais pas déposées à ce jour

  • Abus de confiance
  • Corruption dans les affaires municipales
  • Faux
  • Fraude
  • Complot

 

Le DGE veut fermer le parti

Le directeur général des élections du Québec (DGEQ) revient à la charge pour forcer la dissolution du parti de l'ex-maire Tremblay, Union Montréal.

L'organisme provincial a publié un avis en ce sens jeudi, expliquant que le parti ne compte pas le nombre minimum de 100 membres. Le DGEQ avait tenté la même manœuvre en 2013, mais elle avait été contestée par le parti qui souhaitait pouvoir se défendre devant la commission Charbonneau.