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La nouvelle ère des Red Hot Chili Peppers

La nouvelle ère des Red Hot Chili Peppers
Photo d’archives, Daniel Mallard

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Avec leur nouvel album The Getaway, les Red Hot Chili Peppers entrent dans une nouvelle ère, clame le chanteur Anthony Kiedis. Après trente ans, le groupe californien avait besoin de prendre des risques. «Nous n’aurions pu faire mieux et ça me donne l’espoir qu’on fera encore plusieurs albums dans le futur.»

Samedi 16 juillet dernier. Le représentant du Journal se trouve dans les coulisses, derrière la scène des plaines d’Abraham où les Chili Peppers s’apprêtent à se produire devant plus de 90 000 personnes au Festival d’été de Québec.

D’une minute à l’autre, le batteur Chad ­Smith doit débarquer pour l’entrevue qui nous a été promise. Mais rien ne bouge jusqu’à ce que le gérant de tournée se présente, se confonde en excuses en expliquant que ­Smith ne sera pas disponible. «Nous avons Anthony, si c’est OK pour vous», lance-t-il.

Et comment que c’est OK. Surtout que le chanteur des Chili Peppers, plutôt sympathique de prime abord, est d’humeur à jaser. Voici ce qu’il avait à nous dire.

Vous venez de jouer pour une foule record à Ottawa et les Plaines seront bondées ce soir. Êtes-vous toujours excités de jouer pour de grandes foules?

«Je l’espère. Avec le temps, j’ai appris à me relaxer afin de ne pas être trop excité tôt dans la journée puis avoir une baisse d’adrénaline. J’aime quand les papillons arrivent au bon moment. C’est important pour la chimie d’une bonne performance.»

Quelle est la plus grande différence avec vos débuts?

«Tout est différent, à l’exception de la ­raison pour laquelle nous jouons de la musique. La préparation, les salles, les chansons sont différentes.»

Et les fans? Ils sont plus envahissants?

«Le problème aujourd’hui, ce sont les caméras durant les concerts. Ça vous empêche de vivre le moment présent. Ce n’est pas important d’avoir ces images en méga-octets. C’est préférable de les avoir dans votre cœur et votre mémoire. Nous essayons de créer un environnement qui va les inciter à garder leurs caméras dans leurs poches et nous regarder directement. En général, ça fonctionne assez bien.»

Tu es satisfait de l’accueil reçu par The Getaway depuis sa sortie le mois ­dernier?

«Je n’ai pas vraiment remarqué le genre d’accueil qu’on a reçu. Je suis simplement satisfait de l’album. Des amis m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient sous le choc de constater qu’ils aimaient chaque chanson...»

Sous le choc?

«En fait, peut-être plutôt étonnés de voir qu’il n y a pas de mauvaise chanson. Tu sais, quand ça fait trente ans que tu es dans un groupe, tu cours le risque de te répéter. Je crois que nous étions à la croisée des chemins et qu’il était temps d’évoluer au risque de toujours sonner pareil. C’est une ­nouvelle ère pour nous.»

Vos albums étaient produits par Rick Ruben depuis Mother’s Milk en 1989. Cette fois, vous avez travaillé avec Danger Mouse. Est-ce que ce fut difficile de quitter Rick?

«Oui, en effet, mais ce n’est pas comme si on ne l’avait jamais considéré auparavant. Nous aimons Rick, mais il y a longtemps que nous voulions travailler avec quelqu’un d’autre et ça ne fonctionnait jamais. On a appelé David Bowie, on lui a demandé s’il voulait enregistrer avec nous. Il nous a répondu qu’il était trop occupé. Idem avec Brian Eno, mais il n’était pas intéressé. Daniel Lanois? Peut-être, mais on finissait toujours par revenir avec Rick. C’est un maître et un ami. Danger Mouse connaissait Josh (Klinghoffer, le guitariste de RHCP) et je l’avais rencontré il y a longtemps. Il avait une touche de hip-hop et une façon différente de ­travailler qui étaient bonnes pour nous. Puisqu’il n’était pas un ami proche, c’était plus facile pour lui de nous dire quand il n’aimait pas une chanson. Il nous a ­poussés. Tous les jours.»

Quand on travaille de la même façon depuis trente ans et qu’un nouveau arrive et bouscule les habitudes, on réagit comment?

«Ça ne m’a pas dérangé. Il était honnête. Peu de gens ont les couilles de dire à un artiste établi quand le résultat n’est pas à la hauteur. Danger Mouse le fait.»

La nouvelle ère des Red Hot Chili Peppers
Photo d’archives

Est-ce qu’Elton John, qui a collaboré à la chanson Sick Love, est allé en studio avec vous?

«Oui, mais je l’ai manqué, car j’étais à la maison pour enregistrer une autre chanson qu’on avait besoin pour le lendemain. On le connaissait un peu et c’est fou comment il est terre-à-terre même s’il semble flamboyant. Son éthique de travail est impeccable. La chanson avait une progression d’accords qui ressemblait à Bennie and the Jets et on voulait lui donner le crédit. On lui a aussi demandé de jouer sur l’album et il a accepté.»

Avec Josh à la guitare, a-t-on l’alignement définitif des Red Hot Chili Peppers ou la porte est-elle encore ouverte pour un retour de John ­Frusciante?

«Ha!Ha!Ha! Je dirais simplement qu’il n’y a pas de porte. Ce n’est pas nécessaire. Je crois qu’il est content de ce qu’il fait et moi, je suis extrêmement content de ce que je fais avec Josh. C’est un musicien incroyablement créatif et inspiré. Je serai toujours reconnaissant d’avoir fait de la musique avec John. C’est un des grands rockeurs. Mais ça ne me manque pas.»

As-tu eu des nouvelles de lui ­récemment?

«Non, mais j’ai entendu quelque chose de positif, soit qu’il avait envie d’entendre l’album. Je croyais que ce serait le contraire. Ça montre qu’il se préoccupe de nous. Je préfère ça.»

Comment va la santé? Es-tu remis de tes problèmes d’estomac?

«Tout va bien. Mon estomac a cessé de fonctionner pendant un certain temps. J’ai dû changer ma diète et consommer des herbes pour me guérir. Je me suis aussi brisé la rotule à deux endroits. En faisant un saut sur scène, je suis retombé sur mon genou. Je ne peux m’agenouiller depuis. On a une pause de trois semaines en août et les médecins vont en profiter pour réparer ça.»

Est-ce que ça affecte tes performances sur scène?

«Un peu, mais c’est pas si grave. Ça ne me dérange pas de jouer blessé. Il le faut si tu veux gagner des championnats. Ça fait partie de la job.»


Red Hot Chili Peppers est l’une des têtes d’affiche du festival Osheaga. Ils seront à l’œuvre le 29 juillet, à 21 h.