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Si j’avais les ailes d’un ange, je partirais pour... Trois-Rivières

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Un lecteur de Matane m’a écrit pour dénoncer la «vampirisation de Québec et Montréal». M. Bouffard dénonce une situation «récurrente et déprimante», selon lui: l’été, les médias n’en ont que pour les activités culturelles à Québec et à Montréal. «Nos grands médias assurent un drainage de visiteurs vers ces deux villes au détriment du reste du Québec», m’a-t-il écrit.

Je vais peut-être faire plaisir à M. Bouffard en vous parlant de mon gros coup de cœur de la fin de semaine: Trois-Rivières. Laissez-moi vous raconter ça.

LA FIERTÉ A UNE VILLE

Je m’en allais assister à Tout écartillé, le spectacle du Cirque du Soleil consacré à l’univers de Robert Charlebois, dont j’avais manqué la première. J’ai ca-po-té avant même que le spectacle commence! Pour se rendre à l’amphithéâtre Cogeco, on emprunte une rue bordée de maisons patrimoniales plus belles les unes que les autres. Un parc verdoyant s’étire langoureusement au bord du fleuve. Pour les paresseux, des bénévoles vous transportent en pousse-pousse à vélo, moyennant quelques dollars pour une bonne cause, Leucan.

Arrivés devant l’amphithéâtre, on entend des «oh!» et des «ah!». Alors que le soleil se couche, vers 20 h 30, on admire l’esplanade et on profite de la proximité avec notre fleuve. Les enfants se jettent sur les balançoires noires et blanches. Ça sent le bonheur.

Les gens de la région sont fiers de leur espace et des 13 lettres immenses du mot Trois-Rivières plantées devant l’amphithéâtre comme une figure de proue.

À la pénombre, le spectacle commence et on revisite autant les grands succès de Charlebois que ses chansons moins connues comme Mont Athos. Les nouveaux arrangements de Jean-Phi Gonçalves (en particulier pour Ordinaire) sont tellement beaux qu’on en a les larmes aux yeux. Le numéro final est tout simplement à couper le souffle. Ovation debout bien méritée.

Ajoutez à ce spectacle parfait un repas hallucinant au Buck, un bistro de cuisine locale fabuleuse dans une maison du 17e siècle rénovée avec modernité et un dodo au tout nouvel hôtel boutique Oui Go! logé dans une ancienne banque et vous avez une soirée parfaite.

Le lendemain matin, direction le musée Boréalis, dans cette ville qui a été la capitale mondiale de la fabrication de papier journal. Dans cette ancienne bâtisse de la Canadian International Paper, on se promène sous les voûtes avec une lampe à infra rouge pour repérer des énigmes inscrites sur les murs, on fabrique du papier dans l’atelier et on fait une visite guidée où l’on apprend tout sur les conditions de travail horribles dans cette usine briseuse d’hommes.

RETOUR VERS LE FUTUR

Sur le chemin du retour, un arrêt à Maskinongé pour visiter le Magasin général Lebrun, bourré de vrais objets d’époque. On écoute le proprio nous parler avec amour de son pianola (l’ancêtre du piano mécanique) et on se procure des bonbons à l’ancienne.

Vous avez raison, M. Bouffard, il n’y a pas qu’à Québec et à Montréal que le Québec culturel bat son plein l’été.

Et parfois il suffit d’une petite heure de route pour tomber en amour avec une ville et des gens de cœur, fiers de leur coin de pays.