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Un ex-partenaire canado-algérien de SNC-Lavalin relié aux Panama Papers

Farid Bedjaoui
PHOTO COURTOISIE Farid Bedjaoui

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Le cabinet Mossack Fonseca, au coeur du scandale des Panama Papers, a créé 12 sociétés-écrans pour le compte d'une figure centrale d'un scandale de corruption pétrolière impliquant le groupe italien Saipem en Algérie, révèle lundi le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ).

Cette figure, Farid Bedjaoui, a déjà été un partenaire d’affaires de la compagnie de génie québécoise SNC-Lavalin. Il a fait des études à HEC Montréal et possède la nationalité canadienne.

Fin 2015, Saipem, filiale du groupe italien Eni, et plusieurs de ses responsables ont été renvoyés en justice en Italie, accusés d'avoir versé près de 200 millions d'euros à des fonctionnaires et hommes politiques algériens, dont l'ex-ministre de l'Énergie Chakib Khelil, pour l'obtention de contrats pétroliers évalués à huit milliards d'euros.

Une partie de ces fonds a transité par un réseau de sociétés-écrans créées par Mossack Fonseca pour le compte de Farid Noureddine Bedjaoui, ancien homme de confiance de M. Khelil et lui aussi renvoyé en procès en Italie, affirme l'ICIJ dans une enquête publiée en ligne.

«Douze des 17 sociétés-écrans liés à Bedjaoui ont été créées par Mossack Fonseca», assure ce consortium basé à Washington qui a fait éclater le scandale d'évasion fiscale des Panama Papers début avril.

Âgé de 46 ans, M. Bedjaoui, qui cumule les nationalités française, canadienne et algérienne, est visé par une notice «rouge» d'Interpol, faisant état d'un mandat de recherche pour «associations de malfaiteurs». Selon l'ICIJ, il vivrait actuellement dans une résidence de luxe à Dubaï.

Des sociétés-écrans créées par Mossack Fonseca ont été utilisées dans des «dizaines de cas» en Afrique dans des transactions pétrolières et gazières entourées de soupçons de corruption ou d'évasion fiscale, affirme également l'ICIJ.

SNC-Lavalin

Le géant du génie civil québécois SNC-Lavalin avait admis en 2013 à notre Bureau d’enquête avoir travaillé avec des entreprises appartenant à Farid Bedjaoui en Algérie.

«Notre compréhension est que M. Bedjaoui était impliqué dans certaines compagnies qui étaient liées par contrats à des filiales de SNC-Lavalin, a dit une porte-parole à l’époque. Ces contrats ont été négociés par des ex-employés de la compagnie et, au meilleur de notre connaissance, étaient des arrangements faits dans le cours normal des affaires.»

Un contrat impliquant SNC-Lavalin et une entreprise de Bedjaoui concernait notamment la construction d'un tronçon de pipeline en Algérie.

SNC-Lavalin et Farid Bedjaoui ont aussi tous les deux travaillé sur le gigantesque projet de l'autoroute Est-Ouest en Algérie, marqué par de multiples irrégularités.

De l’immobilier à Montréal

Jusqu’en 2013, Farid Bedjaoui visitait Montréal cinq à six fois par année, y arrivant en jet privé, selon nos sources.

Les deux frères de Farid, Reda et Ryad, leurs épouses, de même que le père de Farid sont tous détenteurs de luxueuses propriétés, principalement à Westmount et à l'Île-des-Sœurs.

Parmi celles-ci, une maison de la rue des Huards à l'Île-des-Sœurs appartenant à un membre de la famille était évaluée à 1,7 million $ en 2013.

- Avec AFP