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Il veut intenter un recours collectif contre Nissan

Après un rappel, l’entreprise a mis des mois à changer une pièce sur sa Versa

Albert Hadida
Photo Claudia Berthiaume Effrayé, Albert Hadida n’a pas conduit sa Nissan Versa pendant plusieurs jours lorsqu’un mécanicien lui a dit qu’un morceau de sa suspension était brisé.

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Un retraité montréalais est choqué que Nissan ait attendu plusieurs mois avant de changer une pièce potentiellement dangereuse sur sa Versa et veut intenter un recours collectif contre le constructeur.

Albert Hadida a acheté une Nissan Versa 2009 il y a trois ans, au coût de 12 700 $. «C’est une amie qui m’avait recommandé Nissan», dit le retraité de 81 ans.

En novembre 2015, il a reçu une lettre de rappel provenant de la compagnie. L’avis indiquait que sur certaines Versa, les ressorts hélicoïdaux avant pourraient se briser, n’ayant pas reçu «un revêtement anticorrosion adéquat».

Un tel bris pourrait augmenter «le risque de collision», lit-on dans la note de service de Nissan, retranscrite dans la récente demande de recours collectif déposée au palais de justice de Montréal.

Selon la requête, plus de 110 000 Nissan Versa seraient touchées au Canada.

La lettre spécifiait que M. Hadida recevrait un second avis en janvier lorsque les pièces seraient accessibles. Il affirme ne l’avoir jamais reçu.

Pas si grave?

«Je me suis dit que ça ne devait pas être tellement grave, s’ils disaient que ça pouvait attendre», remarque-t-il.

Mais lorsque l’octogénaire est allé faire poser ses pneus d’été chez Canadian Tire en juin, le mécanicien lui a dit d’aller chez Nissan au plus vite. Ses ressorts hélicoïdaux étaient brisés.

«J’ai commencé à trembler, illustre l’aîné. J’espérais ne pas me casser la gueule en rentrant chez moi.»

M. Hadida a contacté son concessionnaire, où les pièces ont été changées, sans frais, quelques jours plus tard.

«Au début, ils me proposaient un rendez-vous en septembre. C’est 10 mois après le rappel», déplore-t-il.

Dans sa demande de recours collectif, le Groupe juridique L.P.C. affirme que Nissan était au courant de la défectuosité depuis longtemps. Le motoriste aurait attendu «près de cinq ans avant d’envoyer quelque avis», dit la requête.

«Nissan n’a pas seulement mis la vie des membres du recours en danger, mais aussi la sécurité des autres conducteurs, cyclistes et piétons avec qui ils ont partagé la route», lit-on dans la requête.


Nissan Canada a refusé de commenter.