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Des psychologues menacés de représailles?

Female psychologist making notes during psychological therapy session
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QUÉBEC – Les doctorants en psychologie reprochent au gouvernement de se livrer à des actes d’intimidation à l’endroit des psychologues du réseau de la santé en guise de représailles pour leur appui aux revendications étudiantes.

La Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie (FIDEP) a annoncé en décembre dernier que ses membres boycotteraient leurs stages et internats à compter de septembre prochain afin d’exiger une rémunération pour leur travail. Par solidarité avec les étudiants, des psychologues ont indiqué qu’ils refusaient désormais de superviser des stagiaires.

Or, selon le Comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux (CPNSSS), ce refus s’apparente à un moyen de pression illégale puisque la prise en charge des stagiaires et des internes «fait partie des activités normales» des psychologues.

«Lorsque les psychologues refusent de superviser les stagiaires et les internes, ils ralentissent ou diminuent leurs activités normales, et ce, dans une situation où ils ne sont pas en arrêt de travail dans le cadre d’une grève légale selon le Code du travail. Ce faisant, ils contreviennent donc à la Loi assurant le maintien des services essentiels dans le secteur de la santé et des services sociaux», a écrit le CPNSSS dans un courriel envoyé aux établissements de santé le 11 juillet.

Les employés qui contreviennent à la Loi sur les services essentiels s’exposent à des pénalités financières et à des pertes d’années d’ancienneté.

La FIDEP dénonce les «menaces» qui sont faites à l’endroit des psychologues du réseau de la santé. Le président par intérim de la FIDEP, Eddy Larouche, soutient que l’attitude de la partie patronale n’augure rien de bon pour l’avenir de la profession.

«Présentement, on s’en va en internat, on est en formation pour devenir psychologues, mais éventuellement, c’est nous qui allons être de l’autre côté, a indiqué M. Larouche en entrevue à l’Agence QMI. On se dit: “Est-ce que c’est comme ça qu’on veut être traités si jamais on a des revendications pour l’avenir de notre profession? Est-ce comme ça qu’on va être reçus?”»

La FIDEP croit que les psychologues devraient être libres de superviser ou non des stages et des internats puisqu’ils ne reçoivent aucune compensation financière ou réduction de leur charge de travail.

Selon Eddy Larouche, si le gouvernement est prêt à évoquer la loi pour obliger les psychologues à superviser des stages et des internats, c’est parce qu’il reconnaît que les stagiaires et les internes donnent des services essentiels à la population. Par conséquent, ces derniers devraient recevoir une rémunération, à l’instar de ceux en médecine, fait-il valoir.

La FIDEP soutient que le travail des stagiaires et des internes en psychologie permet chaque année à 12 000 Québécois en détresse de recevoir des services.