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Pourquoi le burkini me choque

Le burkini, plus près de la burqa que du bikini, frappe plus fort

TUNISIA-ISLAM-LEISURE
Photo AFP

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«Le burkini est la traduction d’un projet politique, de contre-société, fondé notamment sur l’asservissement de la femme.» – Manuel Valls, premier ministre français.

Les raisons de se sentir mal à l’aise à la vue d’une femme vêtue d’un burkini à la plage ou à la piscine sont aussi nombreuses qu’irrecevables par les mieux-pensants qui infestent les canaux médiatiques au Québec.

«Contraire à nos mœurs, à nos valeurs; panneaux-réclame religieux; sexiste parce que les hommes n’ont pas à se couvrir», rien de tout ce qui crève les yeux du peuple ne trouve grâce auprès de certaines commentatrices féministes prêtes à défendre la liberté des femmes de ne pas en avoir.

Interdire le burkini équivaudrait au rejet de ces femmes vulnérables. Et si c’était plutôt elles qui rejettent la société dans laquelle elles vivent?

Les limites de la décence

L’arsenal vestimentaire islamique féminin, arme de guerre utilisée abondamment par les promoteurs de l’islam pur et dur, ne se limite plus au foulard, désormais porté par la moitié des musulmanes au Canada (sondage Environics, avril 2016). Le burkini, plus près de la burqa que du bikini, frappe plus fort.

En se couvrant de la tête aux pieds pour la baignade, les musulmanes intégristes confinent celles qui ont l’impudeur de s’afficher en maillot conventionnel au dernier sous-sol de la moralité, persuadées que seule leur pudeur ostentatoire plaît à Dieu. Et que les autres femmes iront en enfer.

J’ai vécu assez longtemps au sein d’une communauté religieuse obsédée par le corps des femmes pour savoir que celles qui défendent la mode dite pudique s’estiment supérieures aux dévoyées qui se baladent bras et jambes nus l’été.

En passant, si on peut facilement trouver une féministe pour défendre l’attirail islamique, je n’ai jamais observé la même ouverture face aux femmes hassidiques. Au moins, le judaïsme ne cherche pas les conversions...

Mascara, burkini, même combat ?

Selon le discours féministe antiraciste à la mode, imposer le port d’un maillot de bain conventionnel au nom de l’égalité hommes-femmes serait aussi discriminatoire que l’imposition du burkini au nom de la religion. Elles sont nombreuses, les féministes, à penser que les occidentales qui se maquillent ou qui s’habillent sexy obéissent aux mêmes diktats patriarcaux que celles qui acceptent de se couvrir de la tête aux pieds.

Refusant de reconnaître que l’islam radical applique des pressions de plus en plus grandes sur nos sociétés, elles oublient que le burkini n’est qu’une étape de plus vers la disparition des femmes de la sphère publique dont rêvent les islamistes.

Cela me rappelle les magnifiques centres de villégiatures 5 étoiles au bord de la mer Morte, du côté jordanien. On s’y croirait sur la Côte d’Azur, sauf pour les petits enclos en bord de mer réservés aux musulmanes pieuses.

Porter des vêtements contraignants ne suffit pas. La pudeur islamique exige qu’on enferme les femmes, même couvertes de la tête aux pieds, derrière des clôtures opaques.

Oserait-on écrire «grâce à ces enclos, les femmes peuvent se baigner» comme on le fait ici pour défendre le «droit» au burkini?

Je n’oublierai jamais les paroles d’une syndicaliste et universitaire féministe que j’ai connue en Algérie: «Ici, on se bat pour que les femmes puissent aller librement, cheveux au vent, et les imams nous répondent qu’au Québec, les féministes sont pour le voile».

Ajoutons le burkini à la liste de la honte.