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Vente des actions de RONA: Jacques Daoust démissionne

Vente des actions de RONA: Jacques Daoust démissionne
Photo Le Journal de Québec, Simon Clark

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Largué par le premier ministre après de multiples controverses, Jacques Daoust lance la serviette et quitte la vie politique.

Rattrapé par de nouvelles révélations concernant la vente des actions de Rona, le ministre Daoust a démissionné vendredi de ses fonctions de ministre des Transports et député de Verdun. Le premier ministre Philippe Couillard remaniera son cabinet samedi pour redistribuer les responsabilités ministérielles au sein de son équipe.

De nouveaux documents ont révélé que son ancien chef de cabinet a autorisé la liquidation des 11,1 millions d'actions que l'État québécois détenait dans Rona, vendu à l'américaine Lowe's. Jacques Daoust a pourtant toujours plaidé son ignorance.

De nouvelles informations qui ont troublé le premier ministre Philippe Couillard, qui a refusé de réitérer vendredi sa confiance en son ministre.

Il n'en fallait pas plus pour que Jacques Daoust claque la porte. Arrivé en politique en 2014, au terme d'une carrière prolifique dans le secteur financier, il a connu son lot de tempêtes politiques dans les derniers mois. Après Uber et les irrégularités au ministère des Transports, l'ex-banquier était en sursis.

Ministre en sursis

Cette nouvelle controverse, c'est la goutte qui a fait déborder le vase. Indépendant de fortune, l'homme de 68 ans avait répondu à l'appel des libéraux qui cherchaient de grosses pointures économiques pour les élections de 2014.

La perspective de voir l'opposition traîner le gouvernement dans la boue pendant des jours, voire des semaines, ne plaisait pas aux stratèges libéraux. Les conséquences familiales de ce nouveau tourbillon médiatique étaient également devenu un irritant pour Jacques Daoust, nous dit-on.

«Force est de constater que, bien que je n’aie quoi que ce soit à me reprocher et que j’aie toujours dit la stricte vérité, le dossier concernant les actions de RONA est devenu une distraction qui porte ombrage à la réalisation du plan de notre gouvernement», a-t-il écrit dans sa lettre de démission.

Élections partielles

Ce nouveau départ porte à quatre le nombre d'élections partielles qui devront être déclenchées au cours des prochains mois. La circonscription laissée vacante par le départ de Jacques Daoust, Verdun, est un véritable château-fort libéral. Un baume pour les troupes de Philippe Couillard, qui ont peu de chance de l'emporter dans les trois autres comtés vacants - Saint-Jérôme, Marie-Victorin et Arthabaska.

Jacques Daoust

Vente des actions de RONA: Jacques Daoust démissionne
Photo d'archives Stevens Leblanc
  • 1986-1998 : Banque Nationale du Canada
  • 1998-2005 : Banque Laurentienne
  • 2006-2013 : Président et chef de la direction d’Investissement Québec
  • Élu député de Verdun aux élections générales du 7 avril 2014
  • Ministre de l’Économie de 2014 à janvier 2016
  • Ministre des Transports à compter de janvier 2016

Ce qu'ils ont dit:

    «Je tiens à remercier M. Daoust pour avoir servi l’État avec conviction dans les dix dernières années, à titre de député et ministre du gouvernement ainsi que de PDG d’Investissement Québec»

- Le premier ministre Philippe Couillard
 
 «C’est une bonne chose qu’il ait démissionné, on le demandait depuis longtemps. C’est quelque chose d’important pour la démocratie. Il fallait qu’il démissionne»

- Le député péquiste Alain Therrien
 
 «Ses jours étaient comptés, c’était une comédie d’erreurs depuis un an»

- Le député caquiste François Bonnardel
 

 «La déclaration de Jacques Daoust pour annoncer sa démission ne permet malheureusement pas de faire la lumière sur la vente des actions de Rona. Le premier ministre ne doit pas faire de Jacques Daoust un bouc émissaire»

- La députée solidaire Manon Massé