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Le jupon intégriste dépasse

SYRIA-CONFLICT
Photo AFP

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La Commission canadienne des droits de la personne s’est associée à l’Islamic Social Services Association (ISSA) et à la National Council of Canadian Muslims (NCCM) pour réaliser un dépliant qui «aidera le personnel enseignant au Canada à mieux comprendre et soutenir les élèves affectés par la violence géopolitique et l’islamophobie.»

En 2014, ces mêmes organismes ont participé à la réalisation d’un autre guide, parrainé par la GRC du Manitoba, pour combattre la radicalisation des jeunes canadiens.

Coup de tonnerre, tout juste avant sa parution, la GRC s’est dissociée de ce qui n’était au fond qu’un exercice de prosélytisme doublé d’un rejet de toute critique de l’islam fondamentaliste, livré sur un ton de confrontation.

Un des experts islamiques recommandés par les auteurs, Siraj Wahaj, a déjà suggéré la conversion massive de jeunes exclus à qui on donnerait des fusils d’assaut pour faire le djihad dans les rues des États-Unis.

Double jeu

Or, le guide à l’intention des enseignants emprunte les mêmes sentiers mais dans un langage qui se veut pédagogique. Mais ne soyons pas dupes: à lui tout seul, le titre mérite une chronique. Parler de «violence géopolitique» au lieu de «violence islamiste» en dit long sur l’état d’esprit des auteurs.

Je ne serais pas étonnée d’apprendre que ce guide a été écrit par le Collectif québécois contre l’islamophobie d’Adil Charkaoui tant le discours pue la victimisation.

Entre des propos sensés sur la détresse des petits réfugiés syriens (à en croire le guide, ils sont tous musulmans) et sur l’imbécillité des racistes qui font porter à des enfants la responsabilité d’attentats terroristes à l’autre bout du monde, se glisse la suggestion d’aménager des salles de prières dans les écoles, de respecter les vêtements religieux des jeunes filles ainsi que la diète halal et d’encourager le prosélytisme à l’école.

La première illustration à l’intérieur du guide de 17 pages montre une fillette qui porte un hijab en classe. Manifestement, la Commission canadienne des droits de la personne ne s’offusque pas qu’une telle chose soit imposée à des écolières.

Ce qu’on ne ferait pas au nom du marchandage multiculturel.

Ligne rouge

Quand le guide demande aux enseignants de respecter les élèves pour leurs valeurs sociales, religieuses ou morales, permettez-moi de tracer une ligne rouge.

Un élève qui croit que les femmes sont inférieures aux hommes doit être respecté dans ses valeurs? Une étudiante qui arrive en classe en niqab doit être applaudie? Le virulent antisémitisme musulman doit être toléré au nom de l’ouverture?

Tant qu’à faire, cessons d’enseigner l’Holocauste. Et moi qui pensais que les enseignants devaient transmettre les valeurs québécoises et canadiennes et encourager l’intégration, pas la séparation. Et encore moins le ressentiment.

À en croire le guide, l’islamophobie, qui entraîne la radicalisation, existe ‘à grande échelle’ au Canada (combien de morts à ce jour?), les élèves musulmans sont traumatisés en plus d’être aliénés, marginalisés, exclus, ostracisés, trahis à un point tel qu’ils ‘peuvent ressentir une pression supplémentaire pour se dissocier de leur identité musulmane et pour nier leur patrimoine.’

Et tout cela, chers amis, serait de notre faute. Ce guide, comme celui de la GRC en 2014, illustre bien les dangers pour des organismes officiels de faire alliance avec des groupes aux liens avec des organismes douteux même quand le but visé est de combattre des dérives racistes et xénophobes.

La Commission n’était qu’à quelques clics de souris d’apprendre que ses partenaires sont liés à l’infrastructure des Frères musulmans. A-t-elle au moins fait la recherche?