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Il est curieux de voir, depuis quelques mois, les politiciens se succéder pour appuyer publiquement le projet de troisième lien entre Québec et Lévis alors que dans les faits, on en connaît vraiment encore très peu à ce sujet.

La bonne nouvelle dans ce dossier, c’est que le nouveau ministre des Transports, Laurent Lessard, confirme qu’il a l’intention de rendre l’étude publique très bientôt.

La seule information qui a circulé relativement au projet, jusqu’à présent, est venue du premier ministre Philippe Couillard. Celui-ci a déclaré, en juin dernier, que la faille de Logan ne représenterait pas un obstacle à la construction d’un troisième lien, en l’occurrence un tunnel entre les deux rives. Il se basait sur les conclusions d’une étude géologique qui n’a jamais été dévoilée.

Étude de faisabilité

Du même souffle, M. Couillard avait aussi mentionné que cette conclusion permettait de passer à l’étude de faisabilité, ce qui nécessiterait du temps. Cette étude, qui a coûté 105 000 $ et a été commandée à Bruno Massicotte, professeur titulaire au Département des génies civil, géologique et des mines à l’École Polytechnique de Montréal, doit faire état de la faisabilité et des coûts d’un tel projet.

Ce dernier travaille également sur le pont de l’île d’Orléans, ce qui expliquerait les coûts peu élevés de l’étude sur le 3e lien. Dans le cas du tramway, il avait plutôt fallu débourser 5 M$, financés en bonne partie par le gouvernement du Québec.

En décembre dernier, le député caquiste François Paradis s’était d’ailleurs inquiété que l’étude en question puisse en fait s’avérer très partielle et ne pas fournir toutes les réponses. On verra bien.

Plusieurs chiffres

Rappelons par ailleurs que les coûts du projet avaient été évalués à 750 M$ par la firme Tecsult, en 1999. Un ingénieur ayant participé à plusieurs grands projets du genre, dont la construction du barrage LG2, avait affirmé au Journal qu’il fallait s’attendre à des coûts d’au moins deux milliards. Le maire de Québec parle quant à lui de deux à cinq milliards.

Au-delà de tous ces chiffres en l’air, il est facile pour les politiciens de dire qu’ils appuient le projet sans même savoir combien il pourrait coûter. Leur véritable engagement viendra le jour où des investissements seront annoncés. Et à ce propos, il y a encore très loin de la coupe aux lèvres.