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Les petites filles voilées

refugies Syriens
Photo Simon Clark

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Dans le Journal de Québec hier, Taïeb Moalla nous parlait de ces familles syriennes qui ont décidé de quitter le Québec pour l'Ontario.

Mais sur la photo accompagnant l'article, une chose m'interpelle. Une des petites filles, qui doit avoir 8 ans, l'âge de mon fils, est voilée.

Chaque fois qu'on aborde la question du voile, on se fait répondre que les femmes ici le choisissent de plein gré.

Mais en quoi une petite de huit ans choisit-elle de son plein gré de porter un signe religieux ostentatoire, une signe de démarcation hommes-femmes ?

Elle se lève un matin et décide, sans aucune influence extérieure, qu'elle va voiler ses cheveux parce que ça lui tente ?

Elle commence à apprendre à écrire et compter, mais elle a suffisamment de libre arbitre pour décider de poser un geste aussi symbolique ?

Et ce n'est pas quelque chose qui est imposé par sa famille, son entourage ?

Mettons.

Alors, prochaine question.

Si le voile est un signe de pudeur, pour se soustraire au regard concupiscent des hommes, pour ne pas être en mode séduction, pour être modeste et prude, pouvez-vous m'expliquer en quoi une fillette de 8 ans serait justifiée de le porter ?

Dans quel regard pervers une fillette de 8 ans est un objet sexuel ?

En quoi une fillette prépubère est-elle aguichante si elle se promène les cheveux au vent ?

Pourquoi, quand une petite fille porte des vêtements hypersexualisés, les bien-pensants blâment ses parents qui n'ont pas d'allure et pas de jugement d'acheter ça à leurs filles, mais  quand ils croisent une fillette voilée, ils haussent les épaules en disant : "C'est dans leur culture, il faut respecter ça, il ne faut pas les stigmatiser." ?

Qu'une femme majeure et vaccinée décide de se cacher du regard des hommes au nom d'un dogme religieux, passe encore.

Mais ce n'est pas vrai que l'on n'éprouve pas de malaise à voir une petite fille, qui commence dans la vie, soustraite au regard du monde, comme si déjà, sa féminité posait problème.

AJOUT:

D'ailleurs, en Belgique, le mois dernier, Françoise Schepmans,  bourgmestre de Molenbeek, s'inquiétait du phénomène.

« C’est un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur avec les années qui est apparu il y a six ans. Aujourd’hui, de plus en plus de fillettes mais vraiment des enfants qui à l’âge de sept ans, huit ans portent le foulard islamique dans la rue, dans l’espace public et donc c’est un signe de formatage, de volonté d’imposer déjà un choix à ces enfants dès le plus jeune âge."