/news/education
Navigation

Une cyberattaque dans 25 écoles sème la grogne

panne informatique
Photo courtoisie Marc-André Léger
Spécialiste

Coup d'oeil sur cet article

THETFORD MINES | Un programme axé sur l'enseignement avec des tablettes électroniques a dû revenir aux bons vieux cahiers d'exercices en raison d’une cyberattaque.

Les 25 écoles de la Commission scolaire des Appalaches, dans la région de Chaudière-Appalaches, ont dû revoir leurs méthodes d'enseignement depuis mardi matin. Le système informatique de la Commission a été victime d'une cyberattaque qui a paralysé toutes les activités de l’organisation qui nécessitent du matériel informatique.

Les données de la Commission scolaire auraient été cryptées et une demande de rançon en bitcoins aurait été exigée pour qu’elles soient rendues lisibles de nouveau.

«Les tableaux blancs interactifs ne fonctionnent plus dans notre classe, raconte Mariloup, une élève de 8 ans. Notre professeur a dû utiliser l'ancien tableau blanc avec les crayons-feutres qui s'effacent.»

De la tablette au tableau

La fillette trouve ennuyeux d'avoir perdu une période de classe en technologie parce que les ordinateurs ne fonctionnent pas. Quant aux enseignants, c'est surtout le système de paie qui les inquiète. Plusieurs d'entre eux ont contacté leur syndicat à ce sujet.

«Être enseignant, c'est apprendre à se revirer sur un 10 cents. Quand ils ont vu que le matériel informatique ne fonctionnait pas, les enseignants ont tout simplement recommencé à utiliser le tableau et les craies», raconte le président du Syndicat de l'enseignement de l'Amiante, Francis Jacob.

Une plainte a été déposée auprès de la Sûreté du Québec qui a dépêché une équipe spécialisée. Afin de ne pas nuire à l'enquête, la Commission scolaire a refusé toutes les demandes d'entrevue. Impossible de savoir si elle a ou non l’intention de payer la rançon.

Marc-André Léger, spécialiste de la sécurité informatique, n'est pas étonné que des attaques de ce type aient lieu. Toutefois, il affirme qu'habituellement, ce sont de grandes corporations privées qui sont ciblées.

«D'après moi, c'est une coïncidence avec de l’hameçonnage. Quelqu'un a envoyé 1 million de courriels et [il est] probable qu'une personne de la Commission scolaire a cliqué sur quelque chose. Les malfaiteurs ont réussi à entrer dans le réseau et ont pu se dire qu'il y avait de l'argent à faire ici», explique celui qui est aussi chargé de cours à l'Université de Sherbrooke.