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Une première réussie pour Nelly

Le film a eu droit à un accueil chaleureux vendredi soir au Festival de Toronto

Mylène Mackay
Photo Courtoisie L’actrice Mylène Mackay crève l’écran dans le film Nelly. Il faudra toutefois attendre à janvier pour voir le film à l’écran.

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TORONTO | Le film Nelly, qui s’inspire librement de la vie et de l’œuvre de l’écrivaine québécoise Nelly Arcan, a passé avec succès le test du public vendredi soir au Festival de Toronto, où il était présenté en première mondiale.

Projeté en début de soirée dans une grande salle bondée, le nouveau long-métrage de la cinéaste québécoise Anne Émond (Les êtres chers, Nuit #1) a en effet eu droit à un accueil très chaleureux de la part des festivaliers torontois.

Le film, très audacieux, mais réussi, a été longuement applaudi pendant le générique de fin, puis, plus tard, quand Anne Émond et son équipe sont montées sur scène pour répondre aux questions du public. Les spectateurs torontois ont semblé captivés par le parcours de l’écrivaine québécoise qui s’est enlevé la vie en 2009 à l’âge de 36 ans.

Sombre et complexe

S’appuyant sur une performance remarquable de l’actrice Mylène Mackay, Nelly brosse un portrait complexe et singulier de Nelly Arcan – Isabelle Fortier de son vrai nom. Le film n’a en effet rien d’un drame biographique classique. Très éclaté dans sa forme, Nelly s’articule plutôt autour de quatre personnages qui représentent tous l’auteure à différentes étapes de sa vie.

On y suit donc, en parallèle, les destins tragiques de Cynthia (la putain), Marilyn (la star), Amy (l’amoureuse toxique) et Isabelle (l’écrivaine). Ces différents personnages (tous joués par Mylène Mackay) ont permis à Anne Émond de mettre en relief les nombreuses contradictions et obsessions de Nelly Arcan, dont son désir de séduire, sa peur de vieillir et son obsession de la beauté.

Le résultat est intéressant, quoiqu’un peu redondant. En optant pour une mise en scène qui fait éclater le personnage de Nelly, Anne Émond trace une ligne très mince entre le vrai et le faux, ce qui lui permet de se concentrer davantage sur les textes de l’auteure plutôt que sur les détails de sa vie. Plusieurs extraits de ses romans sont d’ailleurs lus de façon intégrale tout au long du film. L’œuvre littéraire de Nelly Arcan est au cœur du film.

Un hommage à Nelly

Rencontrée hier, Anne Émond avait du mal à cacher sa nervosité, à quelques heures de la première de son film.

«C’est toujours hyper stressant de présenter son film pour la première fois au public, mais j’avoue que les commentaires que j’ai eus des journalistes anglophones qui ont vu le film m’ont rassurée, a expliqué la cinéaste.

«Ce qui est particulier, c’est que Nelly Arcan n’est pas connue ici, contrairement à chez nous, au Québec. À ma grande joie, il y a des journalistes qui m’ont dit que de voir le film leur a donné le goût d’aller lire les livres de Nelly. Ça me fait plaisir, parce que ç’a toujours été mon intention, de rendre hommage à l’œuvre de Nelly.»

Nelly prendra l’affiche au Québec en janvier.