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Charkaoui, encore lui

Charkaoui, encore lui

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Adil Charkaoui a accordé une entrevue (il le nie...) au journaliste Mathieu Boulay du 93,3FM de Québec qui avait eu la bonne idée d’assister à la conférence donnée à Montréal le 11 septembre dernier (provocation ?) par le cheikh auto-proclamé sur l'islamophobie. (correction, c'était le 10)

Elle a été diffusée pendant l’émission d’Éric Duhaime et de Bernard Drainville lundi dernier. Écoutez ça, ça déménage.

Il y a des limites à se faire rire en pleine face et Charkaoui les a dépassées il y belle lurette, je ne me gêne plus à son sujet, mais la libre expression s’applique à tout le monde, y compris à lui.

Mais un jour, il fera une erreur.

L’exemple britannique

Comme le prédicateur salafiste britannique Anjem Choudary qui a fait la pluie et le beau temps sur la place publique pendant des années. Sa cause ? Que la Grande-Bretagne adopte la charia et devienne un état islamique.

Avocat de formation, il connaissait bien la loi et savait exactement jusqu’où il pouvait aller dans ses propos sans être interpellé par la police.

Oui, c’est permissible dire que Noël est une fête maléfique, que les homosexuels doivent être lapidés, que les Juifs doivent être expulsés du Moyen-Orient, de condamner Charlie Hebdo et de féliciter des terroristes. (Dans un moment de lucidité il a même déclaré que l’islam n’est pas une religion de paix mais de soumission.)

Mais en 2014 et 2015, l’homme a perdu pied en déclarant sa loyauté à l’État islamique et à son chef Abu Bakr al-Baghdadi pendant des cours qu’il a eu la mauvaise idée de mettre en ligne.

Surveillé, il avait traversé la frontière entre l’opinion et le crime.

Il vient d’être condamné à cinq ans de prison.

La radicalisation n’existe pas

Revenons à nos moutons... Selon Adil Charkaoui, l’islamophobie est un concept scientifique et juridique solide (il remercie Québec Solidaire pour son appui) alors que la radicalisation, c’est flou, mal défini. Bref, ça n’existe pas, du moins pas de son côté de la clôture.

Il condamne le rapport du Centre de prévention contre la radicalisation menant à la violence sur les élèves du cégep Maisonneuve qui ont voulu partir en Syrie parce qu'il ne parle pas de la radicalisation de l’extrême-droite, des populistes et des identitaires.

‘La radicalisation, c’est le cache-sexe de l’islamophobie,’ selon Adil Charkaoui.

Bien entendu, pas question de condamner les attentats du 11 septembre dont c’était le 15e anniversaire. En fait, il n’a jamais condamné le moindre attentat depuis qu’il fait parler de lui.

Vous avez raté cette conférence ?

N’ayez crainte, le cheijk Charkaoui parlera à nouveau en public le 18 septembre prochain au restaurant Monteiro grillades portugaises sur Jean-Talon est avec son ami l’imam Hamza Chaoui, celui pour qui l’islam est complètement incompatible avec la démocratie. Pour 10$ seulement, vous aurez droit au souper et à deux conférences intitulées : La défaite psychologique et La génération de la victoire.

Défaite, victoire... tout cela rappelle la guerre, non ?

La défaite de qui ? La victoire de quoi ? La guerre contre qui ? Guerre spirituelle ou guerre temporelle ? Que des questions légitimes.

Mais ce n’est pas moi qui va les poser car l’événement est ouvert aux musulmans seulement. Aux frères et aux sœurs, comme c’est écrit sur l’affiche.

La soirée est organisée par l’Institut des sciences islamiques de Montréal, un autre machin bidon mais dont le nom est supposé nous impressionner.  

Je souhaite seulement que les autorités surveillent de près tous les Charkaoui et Chaoui qui s’agitent parmi nous. Scrutent ce qu’ils mettent en ligne. Infiltrent les conférences.

Et qu’ils fassent la même chose pour les groupuscules d’extrême-droite, il va sans dire.