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Frappe meurtrière contre l’armée syrienne: Moscou accuse Washington

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, au moins 80 soldats syriens ont été tués.

Bloc état islamique ÉI
Photo AFP La province de Deir Ezzor est tenue par l’EI qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme.

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Des frappes aériennes contre l’armée syrienne, dans une zone où elle est encerclée par le groupe Etat islamique (EI), ont tué plusieurs dizaines de soldats samedi, Damas et Moscou accusant la coalition internationale menée par les États-Unis.

Ce bombardement meurtrier intervient au cinquième jour d’une fragile trêve issue d’un accord entre les États-Unis et la Russie pour tenter de trouver une solution à la guerre qui ravage la Syrie depuis 2011 et a fait plus de 300 000 morts.

Cette trêve a déjà été mise à mal vendredi avec de violents combats et des civils tués dans des bombardements alors que l’aide humanitaire qui devait être livrée à des villes assiégées n’a pas pu être acheminée.

Moscou et Washington se sont adressé des reproches mutuels pour le non-respect des termes de l’accord de trêve.

La Russie et son allié syrien ont accusé la coalition internationale d’avoir mené le raid meurtrier près de l’aéroport de Deir Ezzor, dans l’est de la Syrie.

«Des avions de la coalition américaine ont frappé l’une des positions de l’armée syrienne (...) près de l’aéroport de Deir Ezzor», a indiqué l’armée syrienne dans un communiqué relayé par la télévision d’État. Les raids ont eu lieu à 17 h, heure locale, selon elle.

La Russie a de son côté précisé que «des avions de la coalition internationale antidjihadistes ont mené aujourd’hui quatre frappes aériennes contre les forces syriennes encerclées par l’EI près de l’aérodrome de Deir Ezzor».

L’observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), une organisation qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays en guerre a confirmé que des frappes aériennes avaient touché une position de l’armée syrienne près de cet aéroport, mais a indiqué ne pas avoir pu identifier les avions qui l’ont menée.

Des dizaines de soldats tués

Selon l’OSDH, au moins 80 soldats syriens ont été tués. La Russie a donné un bilan de 62 soldats morts et d’une centaine blessés.

Contactées par l’AFP, les autorités américaines n’avaient pas réagi dans la soirée de samedi.

La province de Deir Ezzor est tenue par l’EI qui contrôle aussi la majorité de la capitale provinciale éponyme, à l’exception de l’aéroport militaire et de quartiers aux alentours aux mains du régime.

L’agence de propagande de l’EI Amaq a affirmé que le groupe jihadiste avait pris le contrôle de la colline où a eu lieu la frappe aérienne.

Plus tôt dans la journée, la Russie avait estimé que la situation en Syrie se dégradait, faisant état d’attaques de rebelles opposés au président syrien Bachar al-Assad contre l’armée et des civils.

Selon l’OSDH, depuis lundi, 12 civils sont morts, dont neuf tués par l’armée syrienne et trois par les insurgés, dans les zones concernées par la trêve, c’est-à-dire dans les régions tenues par le régime ou les rebelles.

Les zones contrôlées par les jihadistes, aussi bien du groupe EI que du Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d’Al-Qaïda), sont exclues du cessez-le-feu.

Mais dans certaines zones, les rebelles sont alliés au Front Fateh al-Cham.

«Seules les parties russe et syrienne remplissent entièrement leurs engagements», a affirmé le général Viktor Poznikhir, de l’état-major russe. Moscou a accusé les rebelles de «profiter de la trêve pour se regrouper et remplir les stocks de munitions et d’armements».

Moscou accuse Washington

La Russie a jugé que Washington serait «responsable» en cas d’échec de la trêve, même si le président Vladimir Poutine s’est dit «plutôt positif que négatif» sur les chances de l’accord de trêve.

Mais la Maison-Blanche a fait état de la «profonde préoccupation» du président américain Barack Obama sur le fait que «le régime syrien continue de bloquer» l’acheminement de l’aide humanitaire.
Les 250 000 habitants des quartiers rebelles de la métropole d’Alep dans le nord de la Syrie n’ont ainsi toujours pas reçu l’aide promise alors qu’ils manquent de tout depuis qu’ils sont assiégés par les forces du régime syrien.

L’ONU comptait faire entrer vendredi dans ces quartiers des camions chargés de vivres et de médicaments, mais faute de garanties de sécurité suffisantes, les véhicules sont toujours bloqués dans une zone tampon entre les frontières turque et syrienne.

«Il n’y a pas de progrès, mais l’ONU est prête à bouger dès qu’elle obtient le feu vert», a affirmé pour sa part à l’AFP un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU.
La guerre en Syrie a débuté en 2011 après la répression sanglante de manifestations prodémocratie. Elle s’est complexifiée au fil des ans et implique maintenant une multitude d’acteurs syriens et internationaux ainsi que des groupes jihadistes.