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Le deuil, la vie

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Un jour, tôt ou tard, on comprend une chose assez banale, mais qui ne va pourtant pas de soi: nos parents, à qui nous devons tout, disparaîtront.

On leur doit l’amour le plus absolu qu’on a pu connaître, celui qui nous a été donné lorsque nous n’étions à peu près rien. Et pour cela, cette chose banale est terrible.

C’est une forme d’arrachement brutal. On maquille ça en étape existentielle qui fait grandir. En fait, c’est une perte qui blessera le cœur à jamais.

Amour

Jean D’Ormesson a déjà écrit qu’il n’y a rien de pire que de savoir qu’une personne qu’on a aimée ne sera plus jamais là.

C’est parce qu’elle a traversé cette épreuve que Marie-Lyse Paquin s’est mise à écrire.

L’horrible épreuve l’a poussée à faire un bilan de sa vie, autour de sa quarantaine, à ce moment où on n’est plus jeune sans pour autant être devenu vieux.

Petite fille adoptée, elle a cherché à comprendre sa vie.

Elle en a tiré un livre aussi magnifique que bouleversant, Un mixtape en héritage, paru mercredi aux éditions Québec/Amérique.

Il s’agit d’un recueil de courtes histoires qui, mises ensemble, ont fait son existence.

Des histoires brèves, qui réfèrent à des moments charnières. Chacun est associé à une chanson, comme si la mémoire de Paquin était d’abord musicale.

Tourments d’amour. Tourments d’amitié. Tourments familiaux. Rêve d’exil. Rêves de grands voyages. Rêve d’un retour à la maison. Rêve de maternité. Rêve d’éternité.

Éternité

Quoi qu’on en pense, l’être humain demeure le même à travers les âges.

Notre monde offre de moins en moins de repères stables. À quoi s’accrocher, alors, quand tout se dérobe sous nos pieds?

Et pourtant, Marie-Lyse Paquin surnage, elle continue d’aimer, sans croire au mot toujours, mais en se disant quand même qu’une journée à la fois, la vie vaut la peine d’être vécue.