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Guillaume Morissette : des deux côtés du miroir

Guillaume Morissette : des deux côtés du miroir
Photo Ariane Labrèche

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C’est l’histoire d’un gars de Jonquière un peu perdu, qui se réinvente en passant à l’anglais. Le résultat est un premier roman aux accents cyniques qui vise dans le mille et dont la traduction française vient de paraître sous le titre Nouvel Onglet.

Thomas est un concepteur de jeux vidéo qui déteste son emploi, voguant à travers les sorties dans les bars et les nouvelles rencontres avec une apathie profonde. Osera-t-il tout laisser tomber pour se consacrer à sa passion de l’écriture, qu’il découvre dans ses cours de création littéraire à l’université Concordia où tout le monde a 7 ans de moins que lui?

Thomas, c’est un peu l’alter ego de l’auteur Guillaume Morissette. L’écrivain n’a pas eu à creuser bien loin pour trouver le matériel qui l’a inspiré pour Nouvel Onglet. «C’est un roman semi-autobiographique. J’ai grossi certains traits, j’ai changé des noms et sans vouloir faire un mémoire, je sentais que j’avais sous la main du matériel vraiment intéressant», relate-t-il.

Le caméléon

Guillaume Morissette s’interrompt pour prendre un des chiens qui galopent dans le Doggy Café. Originaire de Jonquière, cet amoureux des animaux a travaillé comme concepteur de jeux vidéo à Québec avant de tout plaquer pour venir à Montréal. «C’est ici que s’est vraiment produit le déclic avec la communauté anglophone», raconte l’auteur.

L’auteur insiste : l’anglais n’était qu’un moyen pour lui de se réinventer. «Ce n’est pas pour dire que l’anglais est meilleur que le français!, s’exclame Guillaume Morissette. J’aurais pu me retrouver dans le yoga ou la peinture à doigts, mais voilà. C’est le moyen que j’ai trouvé pour créer une coupure, mettre le passé derrière moi et jouer avec ma personnalité.»

Créer des ponts

L’écrivain semble avoir un trouvé un meilleur équilibre entre les deux sphères linguistiques. «Au départ, je portais cette nouvelle identité anglophone comme un costume et c’était très libérateur, avoue Guillaume Morissette. Maintenant, ça fait plus partie de ma vraie identité. Je ne me définis plus comme anglo ou franco, simplement comme étant moi.»

L’écrivain se questionne désormais sur le rôle qu’il peut jouer en tant que membre à part entière de la communauté culturelle montréalaise. «Je pense que je vais tenter de créer des ponts. Je peux voyager autant avec la version française ou anglaise de Nouvel Onglet, et dans tous les cas les gens sont très intéressés par le Québec et me posent beaucoup de questions», raconte Guillaume Morissette.

À force de naviguer de manière de plus en plus fluide entre les deux langues, l’auteur a réalisé que les fameuses deux solitudes sont encore bien présentes. «On se connaît moins qu’on pense! Ce qui est intéressant, c’est que quelle que soit la langue, les Montréalais vivent les mêmes problèmes, se posent les mêmes questions et ont les mêmes réflexions. On bénéficierait grandement d’un plus grand dialogue», croit-il.