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Loi fédérale sur le suicide assisté: les médecins devront assumer seuls leurs démêlés avec la justice

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Les médecins québécois qui seront poursuivis en justice pour avoir pratiqué le suicide assisté devront assumer seuls leur défense, prévient le ministre Gaétan Barrette.

Le gouvernement Couillard n'a pas l'intention de débourser un cent pour payer la note d'avocats des médecins qui se risqueront à appliquer la loi fédérale C-14 sur l'aide médicale à mourir.

Le ministre québécois de la Santé appelle d'ailleurs les professionnels de la santé «à la prudence» s'ils décident de s'engager dans cette voie. Gaétan Barrette continue de dire que la loi fédérale, qui permet le suicide assisté, est difficilement applicable.

«Un médecin qui prend cette direction-là engage sa responsabilité professionnelle et légale, c'est son choix. C'est pour ça que vous ne verrez pas ben ben de médecins s'en aller là», a-t-il soutenu mercredi, à l'Assemblée nationale.

«Moi, comme médecin, je ferais bien attention. Je ne suis pas sûr que j'irais là parce que la mort raisonnablement prévisible (comme le prévoit la loi fédérale), c'est ingérable en médecine, mais c'est permis!, a insisté le ministre. Les gens qui participent à ça, ils ont le droit, ils peuvent faire ça, mais à leurs risques et périls».

La loi québécoise sur l'aide médicale à mourir permet actuellement à une personne en fin de vie, c'est-à-dire dont la mort est imminente, de mettre fin à ses jours.

La loi fédérale va plus loin puisqu'elle permet à une personne dont la «mort est raisonnablement prévisible» d'avoir accès à l'aide médicale à mourir. En vertu de cette législation, un patient qui souffre, mais dont la maladie n'est pas incurable peut s'en prévaloir.

Si les deux législations s'appliquent au Québec, le flou de la loi fédérale ouvre la porte à des actions en justice contre les médecins, renchérit le Dr Barrette.

«Il va toujours y avoir quelqu'un quelque part, une personne qui est un militant anti ces lois-là, qui va arriver et qui va aller à la cour.»