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Un voyage entre amis vire au drame

Un jeune sera accusé d’avoir causé la mort de son meilleur ami en raison de l’alcool au volant

La violence de l’impact a propulsé le poteau électrique au beau milieu de la chaussée,
Photo courtoisie, Jean-François Déry La violence de l’impact a propulsé le poteau électrique au beau milieu de la chaussée,

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CLERMONT | Le voyage dans le bois de deux meilleurs amis a tourné au drame vendredi à Tadoussac alors que l’un des jeunes a perdu la vie lorsque le véhicule dans lequel ils prenaient place a heurté un poteau. Le chauffard sera accusé d’avoir causé sa mort en conduisant, selon la police, avec les facultés affaiblies.

Les deux jeunes circulaient sur la rue des Pionniers un peu avant 1 h du matin lorsque le véhicule a dévié de la route et foncé directement sur le poteau.

Le passager de 19 ans, Émile Bouchard, a été éjecté du véhicule et est mort. Il n’était pas attaché au moment de l’accident et il a été violemment éjecté du véhicule.

Le conducteur de 18 ans sera vraisemblablement accusé de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort. Il a été libéré sous promesse de comparaître. Les deux jeunes étaient les meilleurs amis, ayant grandi ensemble à Clermont, la ville voisine de La Malbaie.

Le corps d’Émile Bouchard en mortaise a été éjecté du véhicule. Ce dernier n’était pas attaché et il est décédé.
Photo courtoisie
Le corps d’Émile Bouchard en mortaise a été éjecté du véhicule. Ce dernier n’était pas attaché et il est décédé.

Alcool et vitesse

Vendredi, la nouvelle s’est d’ailleurs répandue comme une traînée de poudre dans cette petite municipalité de Charlevoix. Les proches et amis de la victime étaient sous le choc. Henri Bouchard, qui est né quelques mois après son défunt frère Émile, ne réalisait pas encore que son aîné, un passionné de skateboard, était disparu. «Les policiers ont averti la famille à 6 h ce matin. Ils sont rentrés. J’ai entendu mon père partir à brailler», relate-t-il. «Ça fesse!»

Depuis deux jours, Émile et son «meilleur chum», qu’il connaît depuis la maternelle, étaient allés «camper dans le bois», explique Henri.

Les policiers ont raconté à la famille que l’alcool était sans doute l’une des causes de l’accident. «Il était chaud. Il roulait vite et il est rentré dans un poteau», mentionne-t-il, relatant que le conducteur se portait bien et n’avait pas été blessé gravement.

Messages de sympathie

Sans vouloir lui lancer la pierre, Henri trouve néanmoins le geste du conducteur irresponsable. «Je ne peux pas dire que je lui en veux. Je trouve ça cave. Il n’aurait pas dû prendre la voiture, il était chaud», a-t-il dit.

Sur les réseaux sociaux, les messages de sympathie se sont rapidement multi-pliés. «Repose en paix mon chum. C’est un méchant choc ce matin. Je ne t’oublierai jamais», a affirmé son ami Samuel Tremblay.

– Avec la collaboration de Pierre-Olivier Fortin

Un secteur propice à ce genre d’incident

Pierre-Paul Biron, Le Journal de Québec

La route de Tadoussac où s’est produit l’accident qui a coûté la vie à Émile Bouchard serait fréquemment le théâtre d’excès de vitesse et d’histoires d’alcool au volant, selon le directeur d’un organisme qui a vu ses bénévoles intervenir sur les lieux.

Pascal Côté et ses équipes de l’Observatoire d’oiseaux de Tadoussac travaillent fréquemment dans le secteur de la rue des Pionniers.

«C’est souvent une piste de course la nuit et ce n’est pas la première fois qu’on voit des jeunes prendre de l’alcool très tard la nuit. C’est bon que ce soit juste le premier accident mortel pour le nombre de fois que ça se produit», confie M. Côté.

La situation a déjà été portée à l’attention des policiers qui avaient accentué la surveillance dans le ­secteur.

«J’ai vu quelques fois des policiers cachés pour les coincer, parce qu’il y a eu beaucoup de plaintes venant de citoyens», note l’ornithologue, ajoutant que la situation s’était ­calmée ces derniers temps.

Déjà trop tard

M. Côté a eu vent de la triste ­histoire parce que son équipe de nuit est intervenue sur les lieux.

«Le jeune homme qui était au ­volant cherchait son ami qui a été éjecté du véhicule. Ils l’ont retrouvé un peu plus loin et un membre de mon équipe a fait les manœuvres de réanimation. Malheureusement, il était déjà trop tard», raconte Pascal Côté, précisant que ses collègues sont toujours sous le choc.

D’autant plus qu’une autre de ses équipes est intervenue par hasard auprès d’un policier décédé d’un malaise mercredi en ­forêt. Celui-ci répondait à un appel d’urgence en raison de la présence d’un ours dans les sentiers pédestres. «C’est un peu irréel. Il ne se passe à peu près rien à Tadoussac, et là j’ai deux équipes différentes qui ont vécu ça.»