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Une formule à repenser?

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Photo AFP Les dirigeants de l’équipe canadienne voudront certainement avoir Connor McDavid dans leurs rangs à la ­prochaine Coupe du monde.

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Gary Bettman se frotte les mains. La ­formule de la Coupe du monde de hockey a permis aux décideurs du hockey ­professionnel de réaliser de gros profits.

La vente des chandails de la formation nord-américaine a atteint des sommets inespérés.

Les résultats pour les autres formations, à quelques exceptions près, sont également ­impressionnants.

Il est tout souriant, le commissaire de la LNH.

Le directeur de l’Association des joueurs, Donald Fehr, également.

Ils ont gagné leur pari même si l’équipe des États-Unis a contrecarré les plans initiaux. On souhaitait un affrontement entre le Canada et les États-Unis, d’une part pour les cotes d’écoute, et également pour hausser la popularité du hockey, surtout avec la grande chaîne sportive ESPN diffusant le produit.

Mais les Américains ont fait chou blanc. ESPN aussi avec un auditoire de près de 800 000 téléspectateurs, des peanuts pour le grand marché américain, et cela impliquait le match entre le Canada et les États-Unis.

Et c’est peut-être pour cette raison que si la Coupe du monde revient dans trois ou quatre ans, la formule risque de subir d’importants changements. Et il n’y aura pas que les Américains qui inviteront les organisateurs à une profonde réflexion.

Spectacle relevé

Pourtant, la formule actuelle a fourni un spectacle relevé.

Équipe Europe qui atteint le carré d’as, c’est tout de même étonnant. Les Russes sont au rendez-vous pour un affrontement avec le Canada.

Mais le hic, comme je vous le précisais récemment, c’est le statut de trois joueurs en particulier: Connor McDavid, Jack Eichel et Auston Matthews. Les trois joueurs seraient encore d’âge pour évoluer avec l’équipe Amérique du Nord si on prônait la même formule que cette année.

Or, avec la déconfiture des Américains, on peut déjà s’imaginer qu’il y aura un lobbying sans ­précédent pour modifier les règlements du tournoi.

Et le Canada?

Peut-on présumer que dans quatre ans, plusieurs membres de l’édition actuelle ne pourront plus ­compétitionner au même niveau que les plus jeunes joueurs de la ligue ou encore des ligues européennes?

Acceptera-t-on chez les dirigeants de Hockey ­Canada que McDavid, possiblement le meilleur ­patineur de la planète à ce moment-là, ne joue pas pour son pays, mais pour l’équipe de l’Amérique du Nord?

Les jeunes ont la cote

On dit souvent qu’on ne doit pas chercher à réparer quelque chose qui n’est pas brisé, mais il arrive des situations où tu dois repenser le concept d’un tournoi en raison des circonstances.

Le hockey de la Ligue nationale accueille chaque saison plusieurs jeunes patineurs. On voit de moins en moins de joueurs de 35 ans et plus pour deux raisons: du jeu plus rapide et une convention de travail qui avantage nettement les vétérans.

Par conséquent, la formule que prônent les ­décideurs pourrait subir plusieurs modifications.

Si les organisateurs avaient adopté le concept ­d’inviter les huit meilleurs pays pour participer au présent tournoi, on n’aurait aucun problème pour les prochaines années. Mais la compétition n’aurait sûrement pas atteint le même niveau que celui ­observé au cours de la dernière semaine.

Les États-Unis pénalisés

Ils ont réuni dans le même vestiaire des joueurs représentant huit pays. Dans un autre vestiaire, ils ont rassemblé les meilleurs joueurs américains et canadiens de 23 ans et moins. Une idée géniale.

Cependant, j’entends déjà les bonzes de la chaîne ESPN dire à Bettman et à ses acolytes que les

États-Unis ont été les plus pénalisés par le concept actuel et que ça doit changer.

Je présume aussi que les penseurs de Hockey ­Canada ont déjà sur la planche un nouveau concept afin de récupérer McDavid.

Quand viendra le temps de faire le bilan du ­tournoi de la Coupe du monde, on s’attardera sur les revenus, mais il faudra trouver un moyen d’attirer encore plus l’attention.

Aux États-Unis, ça n’a pas rapporté les succès escomptés. On dira que l’équipe américaine n’a rien fait pour rehausser le prestige du hockey et on aura entièrement raison. Et au Canada, on aurait sans doute espéré un intérêt plus élevé, mais bon, c’est tout de même intéressant.

Les meilleurs joueurs réunis

Va-t-on faire revivre cet événement tous les quatre ans? Pourquoi pas?

Au cours des derniers jours, on a assisté à une compétition féroce entre certains pays et c’est ce qui démarque justement le tournoi de la Coupe du monde.

Les Jeux olympiques demeurent et demeureront toujours l’événement le plus important du hockey. On réunit tous les pays qui ont des affinités avec le sport.

La Coupe du monde est avant tout axée sur la réunion des meilleurs effectifs du hockey ­professionnel.

J’ai bien aimé cette équipe nord-américaine. Par contre, dans quatre ans, les meilleurs joueurs du ­Canada et des États-Unis devront être réunis dans la formation représentant leur pays même s’ils ont 23 ans et moins.

C’est à souhaiter...