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Le financement a explosé depuis 10 ans dans les facultés de médecine

Quatre universités, dont Laval, se sont enrichies de 350 M$ grâce à l’augmentation du corps médical

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PHOTO daniel mallard Pendant que le financement des facultés de médecine, dont celle de l’Université Laval, augmentait de plus de 30 %, il augmentait de 4,3 % en éducation au 1er cycle et diminuait de 20 % en administration au 2e cycle.

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Les quatre universités québécoises équipées d’une faculté de médecine se sont enrichies de 350 millions $ depuis 10 ans alors que les autres se sont appauvries, a appris Le Journal.

Les facultés de médecine des universités de Montréal, de Sherbrooke, Laval et McGill ont vu leur financement bondir de 30 % par année depuis 10 ans. Au total, les quatre universités ont encaissé 350 millions $ de plus que les autres pour former des médecins, a découvert l’équipe de recherche de Martin Maltais, professeur à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR).

Il y a dix ans, les quatre facultés de médecine ont reçu 129 millions $ pour préparer les futurs médecins; dix années plus tard, sans même tenir compte de l’inflation, elles recevaient 237 millions $, ont calculé M. Maltais et son équipe en mettant en commun les règles de financement du ministère de l’Éducation et les populations étudiantes en médecine.

Une décision de 2007

D’une année à l’autre, le financement des facultés de médecine augmentait de plusieurs dizaines de millions, soutient Martin Maltais. Cette augmentation du financement des facultés de médecine découle d’une décision prise, en 2007, par le gouvernement de Jean Charest qui souhaitait augmenter le nombre de médecins.

L’opération ne s’est pas faite sans dommages ailleurs, soutient Martin Maltais. «Il y a des domaines disciplinaires défavorisés de façon importante. Pour un étudiant qui entre en éducation au 2e cycle, j’ai 40 % moins d’argent que j’en avais il y a 10 ans. Comment peut-on dire que l’éducation est une priorité nationale si on n’a pas les moyens adéquats pour former des directeurs d’école», s’insurge le professeur Maltais.

« Deux poids, deux mesures »

D’autres matières comme les mathématiques ont vu leur financement fondre de 38 % depuis 10 ans. Une injustice, soutient Martin Maltais.

«On est dans du deux poids deux mesures, dans un contexte où on appauvrit tout le reste de la société avec des compressions dans les autres universités, dans les collèges, les écoles primaires et secondaires et dans le réseau de la santé.»

Les universités disposant d’une faculté de médecine offrent des salaires plus élevés à leurs gestionnaires. «C’est là que j’ai les salaires de gérance les plus élevés. L’Université de Montréal présente des coûts de gestion 3,3 fois plus élevés que l’UQAM, pour des clientèles étudiantes comparables», signale Martin Maltais.

Plus de médecins au Québec

  • Le nombre de médecins au Québec a augmenté de 38 % depuis 10 ans alors que la population augmentait de 11 %
  • Le Québec affiche le plus faible nombre d’habitants par médecin au pays, selon l’Institut canadien d’information en santé
  • Depuis 10 ans, la masse salariale des médecins a bondi de 69 %, soit de 4 milliards $ à 6,8 milliards $ en dollars avant inflation
  • Le nombre d’étudiants dans les universités a augmenté de 24 % entre 2006 et 2016
  • Le nombre de professeurs a augmenté de 2 %
  • Les ratios élèves-professeurs ont augmenté, dit Martin Maltais, professeur à l’UQAR