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Antidote au cynisme?

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Depuis le référendum de 1995, le Québec est en panne de rêves. Le scalpel budgétaire à la main, ses élus, rouges ou bleus, gèrent la lente déconstruction d’un Québec jadis ambitieux.

Soluble dans le vide, la «question nationale» s’étiole à l’avenant. Pour les uns, le Canada n’est plus qu’un coussin de convenance. Pour les autres, la souveraineté est synonyme de calendes grecques.

Un Québec balkanisé

Malgré une éthique élastique et des services publics en état de siège, les libéraux trônent sans crainte au pouvoir. Au PQ, l’ère post-PKP vire à la foire d’empoigne. Québec solidaire et la CAQ grappillent le reste.

Résultat: pendant que le Canada se renforce, le Québec se balkanise sourdement. Le portrait peut paraître sombre. Il est pourtant sans complaisance. À preuve: l’annonce faite hier d’un nouveau mouvement baptisé «Faut qu’on se parle».

Réunissant entre autres Jean-Martin Aussant et Gabriel Nadeau-Dubois, il mise sur des délibérations «citoyennes» et repose sur une vision plus sociale-démocrate d’un bien commun durement malmené.

Citoyenne et politique

Si «citoyenne» soit-elle, l’initiative est néanmoins politique. «Faut qu’on se parle» étant né du même constat d’un Québec bloqué. D’où sa tournée prochaine des régions en mode «écoute». Y compris chez les communautés culturelles, anglophones et autochtones.

Un cahier final de propositions produit d’ici l’élection de 2018 testera aussi sûrement les eaux d’un possible nouveau parti. Mais attention, diront plusieurs: le vote est déjà trop divisé. D’où le «monopole» libéral. Très vrai.

Or, selon «Faut qu’on se parle», cette division est en fait le symptôme d’un problème nettement plus inquiétant. Soit l’absence d’un vrai projet de société suffisamment inspirant pour rassembler une masse critique de Québécois.

Pour les partis en place, le jugement est sévère, mais lucide. Coincés entre des comptables insensibles et des souverainistes apeurés, les Québécois ne diraient peut-être pas non à un peu d’air frais.